D'autres codes
apparaissent sous la forme de lettres superflues, de mots mal orthographiés,
de mots rajoutés ou ôtés. Dire que ces éléments constituent un code n'est,
bien sûr qu'une conjecture. L'auteur du manuscrit peut avoir agi de la sorte
dans le seul but de rendre le texte incompréhensible, et il peut avoir placé
autant d'obstacles que possible sur le chemin du lecteur. En tout cas, je suis
certain que la plupart des personnes qui se sont penchées sur ce texte seront
d'accord pour dire qu'il s'agit d'un incroyable fouillis qui demande des
efforts considérables à débrouiller. Lorsqu'on examine le texte comme une
entité indépendante, on commence à se rendre compte de l'énormité du
projet entrepris par l'auteur. En concevoir l'entière structure puis passer
à sa réalisation avec une telle précision doit avoir pris énormément de
temps. Il va de soi qu'aucun individu sain d'esprit ne s'embarquerait dans une
telle aventure sans avoir d'excellentes raisons pour cela. D'autre part, si
vous pensez que ce manuscrit est compliqué, attendez de voir le deuxième,
qui est un chef d'oeuvre de codage.
Généralités
concernant ce manuscrit
Le message "Dagobert"
est facile à trouver et aisé à comprendre. C'est-à-dire qu'il ne paraît
pas être constitué d'un code chiffré, mais est écrit en langage clair. Ce
message limpide parle clairement d'un "TRESOR", chose qui ne saurait
manquer d'attirer l'attention du lecteur ou de la lectrice, qu'il/elle soit ou
non le /la destinataire légitime. On peut donc en conclure que, quel que fût
le secret contenu dans ces parchemins, il n'était pas nécessairement
destiné à une personne ou un groupe de personnes en particulier, sans quoi
ce message aurait été crypté bien plus efficacement. Cependant, le fait que
les parchemins aient été cachés à l'intérieur de l'autel d'une église
représente une preuve relativement convaincante qu'ils étaient destinés à
un homme d'église et qu'ils avaient été placés là par un homme d'église
également. Qui d'autre aurait donc eu accès à un endroit aussi sacré et
inviolable d'une église; qui d'autre aurait pu avoir l'audace de creuser ces
piliers de pierre pour y cacher des objets profanes? Même un curé serait
regardé de travers par ses paroissiens s'ils le voyaient se livrer à d'aussi
irrévérencieuses activités. D'un point de vue physique, c'est un acte qui
aurait demandé de lourds efforts à Antoine Bigou. La pierre d'autel étant
extrêmement lourde, deux personnes au moins sont nécessaires pour la
soulever au-dessus de ses piliers. Le creusement du pilier doit avoir demandé
du temps et de l'habileté. Comment Bigou aurait-t-il pu exécuter ce travail?
Je vous livre mes explications personnelles de ce mystère particulier dans
les pages concernant Boudet.
La conclusion à laquelle je
reviens toujours est que l'auteur des parchemins voulait que son message et
son secret passent à un autre prêtre afin que celui-ci puisse recueillir son
héritage. Bien qu'il ait dû être pratiquement certain que ce serait bien un
prêtre qui mettrait la main sur le document, il devait cependant tenir compte
du fait qu'un laïc pouvait trouver celui-ci par accident. La cachette des
parchemins est également intéressante d'un autre point de vue: l'église, en
particulier la pierre d'autel, aurait pu ne pas faire l'objet de travaux de
restauration. Dans ce cas, ils auraient pu rester dans leur cachette pendant
des centaines d'années, voire à tout jamais. Alors, l'auteur les avait-il
dissimulés tout en ayant l'intention de venir les rechercher lui-même plus
tard, c'est-à-dire lorsque la violence révolutionnaire se serait apaisée,
ou bien les avait-il placés là où un prêtre les retrouverait
obligatoirement un jour ou l'autre? Les documents peuvent aussi avoir été
placés là à l'intention d'une personne qui, pour une raison ou une autre,
n'est jamais venue les chercher. Souvenez-vous que l'espérance de vie pendant
la révolution française était très limitée. En tout cas, son intention
était clairement que, si les choses tournaient mal, le message pourrait être
lu et interprété par un prêtre qui, bien que n'étant pas le destinataire
originel, ne laisserait pas le message tomber dans des mains profanes. Et donc,
il a probablement dû se résoudre à un compromis, c'est-à-dire qu'il a fait
en sorte de rendre une partie du code simple à lire (pour éveiller
l'attention, car je suppose que même un prêtre devait être alerté de
quelque manière), et une autre plus compliquée. Ici encore, on peut inférer
que la partie plus compliquée est déchiffrable, mais seulement par quelqu'un
ayant des connaissances propres au clergé, c'est-à-dire de la Bible, du grec,
du latin, de l'hébreu, ainsi que sur tous les sujets que les prêtres de
l'époque devaient étudier. La plupart des lecteurs réaliseront que ces
conditions préalables excluent environ 99% de la population actuelle et sans
doute environ 99.99% de l'époque. Nous ne saurons probablement jamais si
Saunière a vraiment découvert un trésor matériel. Mais nous savons
qu'alors qu'ils remplaçaient une dalle endommagée devant l'autel, des
ouvriers découvrirent sous cette dalle un pot d'argile rempli de pièces d'or
et de quelques bijoux. Cependant, nous avons quelques pistes quant à un
trésor physique. Nous savons qu'à partir de 1891 Bérenger Saunière entra,
d'une manière ou d'une autre, en possession de richesses considérables.
Fortune qui est prouvée dans les faits.
La question que je me pose
est: si un message est caché dans ces manuscrits, pourquoi les esprits les
plus érudits au monde sont-ils incapables d'en découvrir le secret? Pourquoi
échappe-t-il à tout le monde depuis plus de cent ans? Et dans la même
foulée, si ces messages codés sont si compliqués que les hommes les plus
intelligents et les ordinateurs les plus sophistiqués sont incapables de les
déchiffrer, alors comment un simple curé de paroisse du XIXe siècle a-t-il
pu le faire? Une réponse possible est que la plupart des informations
dissimulées ne le sont pas sous la forme d'un message per se. Bien
sûr il y a des messages, mais ils sont apparents et simples. Le secret des
parchemins ne réside pas dans la complexité mais dans la quantité
d'informations, et comment celles-ci sont triées. Tout qui a soigneusement
examiné les 1 et 2 sait combien d'informations se trouvent là. Je crois que
Saunière est tombé sur la solution dans un moment d'inspiration soudaine.
Souvenons-nous qu'il avait à sa disposition encore d'autres manuscrits dont
nous ne savons rien. En outre, Saunière était un enfant du pays et en
connaissait les moindres recoins, les moindres rochers, les moindres cailloux.
Et ceci était un avantage de taille.
Une autre particularité de
ce manuscrit est la composition des lignes de texte. L'auteur avait toute la
page pour s'exprimer, mais au lieu d'utiliser des lignes comme nous le ferions,
certaines de ses lignes sont très courtes, tandis que d'autres sont plus
longues. Toutes les lignes se terminent à des endroits bizarres, ce qui donne
une marge de droite très irrégulière. Le texte a manifestement été
construit de cette manière dans un but bien précis. Il est possible que
l'irrégularité de la marge de droite trace un chemin qui ne prend de sens
que si l'on superpose à cette page une certaine carte géographique.
L'auteur a également fait un
choix étrange de texte latin. Il a choisi les quatre premiers versets de St
Luc, 6. Rien d'étrange à cela me direz-vous. Mais moi je pense qu'il savait
quel message exactement il voulait faire passer (c'est-à-dire le message
Dagobert II) et il en avait soigneusement élaboré le brouillon. Le problème
était de trouver, dans le texte, les lettres correspondant à celles du
message en question. Si vous lisez le texte entier et tentez d'y insérer les
lettres du message, vous verrez que plus vous approchez du bas de la page,
moins vous aurez à votre disposition de lettres adéquates. Voici
probablement une des raisons pour lesquelles il a rajouté les mots Redis et
Blés. Il n'avait tout simplement pas assez de caractères latins à sa
disposition pour terminer son message. Il me semble difficilement admissible
qu'il n'aurait pas au moins préparé un premier jet du texte entier, et il a
certainement dû s'exercer une ou plusieurs fois à technique de codage. Comme
il s'agit un document extrêmement compliqué comportant énormément
d'éléments, personne, pas même un expert chevronné, ne serait capable de
l'écrire de tête sans quelque pratique préalable. Donc, voici ce que je
voudrais vous faire observer: ayant découvert en préparant son brouillon
qu'il allait manquer de lettres, il s'est sans doute dit qu'il pourrait
recourir à un autre texte de la bible, ce qui résoudrait son problème. Je
suis persuadé que le texte lui-même est d'extrême importance et qu'il
contient un indice de taille. Il est possible aussi que les mots "Reddis"
et "Bles" aient été soigneusement choisis. Ainsi que je l'ai
mentionné plus haut, ce texte particulier est intéressant à un autre titre
encore: en fait, il existe deux versions de la parabole des disciples qui
mangent des épis de blé le jour du Sabbat. L'une est citée dans Matthieu
12:1 et l'autre dans Luc 6:1. Souvenez-vous aussi que l'auteur en a tellement
modifié le texte qu'il est devenu difficilement reconnaissable. Je suis
persuadé que ceci fait allusion à quelque chose ou fournit une référence
qui doit rafraîchir la mémoire d'une certaine personne. D'autre part, il se
peut que son code ait nécessité des lettres particulières et que pour cette
raison, il ait dû modifier le texte dont il disposait. Quel qu' ait été le
message contenu dans le manuscrit, il a certainement assez titillé la
mémoire de Saunière que pour lui procurer de nombreux millions de francs
lourds. Enfin, je voudrais attirer votre attention sur un autre élément
intéressant du parchemin. Dans la section qui contient les "Redis"
et "Bles" vous verrez que l'espace laissé à la gauche de ces mots
forme un carré quasiment parfait.

Une autre bizarrerie
caractérise cette partie du manuscrit: si l'on agrandit légèrement le
carré de manière à ce que les lignes projetées du pictogramme et de la
croix qui se trouve au-dessus touchent tout juste ce carré, on obtient le
résultat suivant:

Les mots "Sion" et
"Solis" sont automatiquement isolés par ce procédé. Peut-on
penser que cette coïncidence est purement fortuite?
Théorie
personnelle sur les coordonnées de la carte
J'ai étudié ce parchemin
pendant de nombreuses années et, ayant fait appel à toutes mes possibilités
de "raisonnement latéral" je ne cesse de m'étonner de l'infinité
des possibilités qui s'offrent au chercheur dans un document aussi court.
Selon moi, le pictogramme, les croix et autres marques sur ce manuscrit
constituent en fait des marqueurs, des points de repère à superposer sur une
carte de la région. Je suis également convaincu que cette superposition fait
partie d'un ensemble d'autres superpositions et ne doit pas être utilisée
seule. Au cours des pages qui suivent je vais vous exposer quelques unes de
mes idées quant à la manière dont on obtient des points de référence
correspondant aux croix, thêtas, et au pictogramme. Je tenterai d'expliquer
mes découvertes qui, en partie du moins, semblent déboucher sur des
résultats intéressants.
Lorsque vous regardez le
manuscrit, vous remarquez immédiatement les trois croix qui sont insérées
dans le texte. En outre, une lettre est placée de chaque côté de chacune
des croix. Les groupes sont, S-Q, S-M et I-I. Ensuite, observez la marque
particulière en bas, à droite du manuscrit:-

Ce signe est également
répété sur la pierre tombale des Blanchefort, et a clairement une
importance particulière. Il m'a d'abord semblé qu'il voulait dire qu'il faut
prendre la lettre qui se trouve avant le S et la placer devant le P. Puis j'ai
pensé qu'il pourrait signifier qu'il faut prendre la dernière lettre et la
faire reculer d'une place dans l'alphabet. Si l'on prend la deuxième lettre
de chaque groupe et qu'on la fait reculer d'une place dans l'alphabet, on
obtient S-P, S-L et I-H. Supposons un instant qu'il s'agit là de noms de
lieux. Dans ce cas, ceux qui commencent par S sont très probablement des
Saint-quelque chose. Après avoir scruté la carte de la région voici les
résultats que j'ai obtenus:-
S-P
St. Papoul
St. Paulet
St. Pierre des Camps
S-L
St. Laurent de la Caberasse
St. Louis de Parahou
Pour la combinaison I-H je
dois admettre que j'ai été tout d'abord dans le noir. Cependant, en me
basant sur les villes que j'avais trouvées, j'ai commencé à dessiner ma
carte. Pour ce faire, j'ai étiré toutes les lignes du pictogramme et les ai
connectées à toutes les croix. J'ai été tenté de connecter aussi les deux
thêtas, mais pour le moment je les laisse de côté. Bien sûr, l'échelle du
parchemin est différente de celle que vous utiliserez vous-même, mais ce
sont les angles qui comptent. Si vous cliquez sur le bouton ci-dessous, vous
verrez comment les lignes relevées sur le parchemin s'entrecroisent:-

Ici, il est intéressant de
noter qu'il y a une certaine symétrie dans l'arrangement: un parallélogramme
presque parfait a été dessiné. Après avoir procédé pendant un certain
temps par tâtonnements, j'ai remarqué que la ligne connectant St. Paulet et
St. Louis de Parahou pourrait bien faire l'affaire. Cependant, afin d'obtenir
la bonne corrélation il faut inverser la ligne, c'est-à-dire que les points
S+P et S+L doivent être intervertis. C'est en suivant cet ordre seulement que
tous les autres points de repère correspondent.
Bien que cette procédure
m'ait permis d'obtenir les résultats souhaités, je n'étais pas satisfait
d'avoir dû recourir à cet artifice. Tout au long des sections suivantes,
pratiquement toutes mes découvertes sont basées sur des informations
glanées dans le parchemin lui-même. J'étais donc certain qu'il devait
aussi contenir une allusion à un tel artifice, et je l'ai trouvée en effet:
si vous connectez le point supérieur du pictogramme au point central de
P-S, cette ligne coupe la ligne qui joint S+P à S-L pratiquement en son
centre, et en un point où les lettres A et F sont se trouvent sur la ligne.
Mon raisonnement était que les lettres du pictogramme doivent être
interverties afin d'obtenir Alpha et Omega, tandis que les lettres P-S
indiquent une procédure de recul. Ceci semble indiquer que cette ligne, la
seule à être plus ou moins coupée en deux par celle qui relie le
pictogramme à P-S, devrait donc être retournée. Une confirmation
secondaire de ceci est que la ligne connectant les Thêtas passe entre les
lettres F et A à la toute première ligne du parchemin. Les mêmes lettres
apparaissent inversées au point d'intersection des lignes S-P et S-L. D'où
l'indication que la ligne devrait être retournée.
La ligne peut à présent
être placée sur la carte. Elle passe presque directement par Rennes-le-Château,
à quelques dizaines de mètres de l'église.
Vu que l'échelle du
parchemin ne correspond pas à celle de la carte sur laquelle vous travaillez,
chaque ligne de points de repère doit être repositionnée d'après
l'échelle que vous utilisez. Assurez-vous que les angles restent bien
inchangés.
A présent, il faut retourner
le tracé (de gauche à droite), de sorte que les lignes soient également
retournées.

Ensuite, vous devez le faire
pivoter d'approximativement 45 degrés. En fait, en plaçant les points de St.
Louis de Parahou et St. Papoul sur la carte, l'alignement se fait
automatiquement. Si vous êtes curieux de savoir pourquoi il a fallu faire
tout cela, et bien la réponse se réduit simplement à: "essais et
erreurs". De St. Louis de Parahou j'ai marqué le repère en direction de
la croix (I-H) qui s'étend à présent dans une direction NE. Puis,
depuis la croix (S-P) St. Paulet, j'ai marqué le repère vers la croix (I-H)
dans une direction approximativement SO. J'ai ensuite relié ces deux lignes,
ce qui a complété le triangle (S+P), (S+M), (I+H).

La ligne qui part de St.
Louis de Parahou traverse directement une colline appelée Pic d'Estelle,
d'une hauteur de 488m, située à environ 4 km au sud-ouest de Mirepoix. Les
lignes se croisent tout près du village de Coutens.
Prieuré de Sion
J'ai
ajouté ce petit chapitre pour tenter de clarifier l'idée que l'on se fait du
Prieuré de Sion. Comme tous ceux qui ont étudié les manuscrits le savent,
le mot ZION ou SION apparaît en plusieurs endroits. Parfois en un seul mot,
en d'autres endroits ce sont des lettres placées "au hasard" qui
forment ce mot que ZION ou SION, puisse faire référence au Prieuré de Sion
est une idée avancée par plusieurs des premiers auteurs qui ont écrit sur
les mystères de Rennes-le-Château. Par la suite cette idée a été
acceptée par pratiquement tout le monde, et maintenant elle est considérée
comme une vérité incontournable. Cependant, il n'y a pas l'ombre d'une
preuve qu'il s'agit bien du Prieuré de Sion. C'est une de ces coïncidences
qui répondent à une question que l'on se pose; c'est pourquoi on l'a
acceptée comme un fait avéré.
Je ne dis pas que ce ne peut
être le cas, mais je dis qu'il faudrait une preuve pour pouvoir accepter
cette assertion comme étant la vérité. Dès lors, le Prieuré de Sion doit
être considéré comme une "Possibilité" et non comme une
"Certitude". Du moins, pas encore.