Le pictogramme à la base du manuscrit a été, comme tous les autres éléments du document, exécuté méticuleusement.

Il n'a pas été gribouillé distraitement mais tracé avec soin et exactitude, dans un but précis. Le grand "N" au-dessus du pictogramme est en fait autre chose qu'un "Z" couché sur le côté. Il est à comparer au "N" dans "SION", qui est très différent. Le style d'écriture de "SION" est semblable au caractère "Times Roman" avec de petits empattements sur les lettres. Le grand "N" est tracé sans empattement et ses pleins gras sont courts. On peut le comparer au Zêta grec, et comme l'une des lettres de l'ensemble paraît être un Thêta, il y a toutes les raisons de supposer que ceci est également une lettre grecque. En fait, toutes les lettres de ce groupe pourraient être grecques. La position du pictogramme présente aussi un intérêt certain. Pourquoi ce pictogramme se trouve-t-il à cet endroit précisément? Je peux proposer une réponse à cette question. Le A renversé pointe vers le bas comme une extrémité de flèche et semble dirigé vers le mot ‘Poenitentium’, et plus particulièrement vers le groupe de lettres 'POE'. Le "N" (ou "Z") au sommet du pictogramme se trouve directement en dessous des lettres "DAE", un groupe qui se prononce "DAY" en français comme en anglais. Si le "A" pointe vers "POE" et le "Z" vers "DAE", ensemble ils se lisent "DAEPOE" ou en français: "dépôt", un mot qui a de nombreuses significations, dont "cache", "cachette".

Bien sûr, le pictogramme renversé donne, "A SION N". De cet arrangement on peut tirer la conclusion que l'on veut, bien que la répétition du mot "SION" soit importante. N'oubliez pas la référence à Sion dans le message "Dagobert" du parchemin n°1: "...Et A SION est ce trésor...". En fait, on peut ajouter l'ensemble des lettres au message " Dagobert". Dans ce cas, le résultat est: "...Et A SION N'est ce trésor...". Phrase signifiant que ce trésor est en effet à Sion.

On peut supposer que le pictogramme est disposé selon les points cardinaux. D'instinct on place le grand N au nord. Cependant, sur le pictogramme tel qu'il apparaît sur cette page et lu de gauche à droite, on obtient "N Theta I S", ou "N THIS", ce qui implique que le nord se trouve à gauche de la page ou à droite, selon la position que l'on assigne au pictogramme.

Enfin, la marque étrange au centre des lettres semble être une carte routière en miniature, renseignant des chemins se dirigeant vers l'intérieur depuis diverses directions. Cette marque pourrait aussi représenter l'un ou l'autre cours d'eau, tandis que la petite ligne au centre pourrait représenter une source; elle pourrait aussi décrire une partie d'un petit réseau de grottes. 

J'ai constaté récemment avec intérêt qu'il y a une corrélation entre ce pictogramme et certaines parties du parchemin n°1: à la fin de la neuvième ligne de ce parchemin et juste au-dessus de celle-ci se trouve une petite marque bizarre:-

Cette marque ressemble étrangement à celle de la partie centrale du pictogramme. Et lorsqu'on superpose les deux, cette partie centrale semble tracer de nouveaux chemins:-

On peut à présent observer que le diagramme a relié le C et le N.   L'on constate alors que ce pictogramme s'ajuste parfaitement dans le carré vide du parchemin n°1:-

Une autre particularité fascinante apparaît lorsqu'on renverse le pictogramme verticalement ou horizontalement:-

A gauche apparaissent les mots ISIS et SION, tandis qu'au sommet nous avons deux fois "RA". A droite nous voyons formé le mot "IRON" et en descendant vers le milieu on peut lire "RAINS". Dommage que rien n'apparaisse au bas.

Enfin, un dernier élément intéressant surgit de cet arrangement:-

On peut voir à présent que deux mots apparaissent à la droite du pictogramme: "REDIS" et, en ajustant légèrement, "NOBLES": les nobles de REDIS. Puisqu'il est généralement admis que la noblesse de Rennes-le-Château joue un rôle appréciable dans ce mystère, n'est-ce pas une coïncidence remarquable que ces deux mots apparaissent dans ce contexte?


  Alchimique

Toutes les lettres de ce pictogramme se retrouvent dans des signes ayant trait à l'alchimie. Bien que je ne sois pas certain que de tels signes soient appropriés au déchiffrement des codes, il est cependant possible qu'ils aient quelque rapport avec ceux-ci; c'est pourquoi j'inclus mes découvertes à ce sujet. 

  Le "A" symbolise spécifiquement le cuivre; il symbolise également l'ascendant ou la première Maison, parfois dénommée "Prima Domus" dans certains ouvrages. Dans un sens métaphorique, on pourrait interpréter Prima Domus comme la maison principale, primordiale, la maison de Dieu; ou bien on peut l'interpréter dans un sens astrologique uniquement. Il faut se souvenir que cette région possède un sous-sol très riche géologiquement, et que l'allusion pourrait avoir trait à une mine ou une veine de cuivre. 

  Le signe "Z" fait allusion au sel, tartre, ou Jupiter. Le sel apparaît en fait dans l'un des autres codes: "PANIS AW SAL". "Sal" signifie "sel" en latin. Il existe également, près de Rennes-le-Château, une source appelée la Fontaine salée et un petit ruisseau du nom de Sals.

  L' "S" peut avoir de nombreuses significations: arsenic, caractéristiques d'élements, gomme, sable, ou Vénus. Parmi celles-ci, Vénus est une candidate valable. Elle est un élément majeur dans le ciel du crépuscule et pourrait bien être un indicateur de direction à une époque donnée de l'année. Ou bien il pourrait s'agir d'une référence à la présence physique d'arsenic.

  Le "I" represente le jongleur du tarot. Ceci est plus significatif qu'il n'y paraît à première vue. Parmi les statues de l'église de Rennes-le-Château, l'une d'entre elles, celle représentant Saint-Roch a quelque ressemblance avec le Fou du tarot: un homme revêtu d'habits de couleurs vives, portant un bâton à une extrémité duquel est attaché un baluchon. Il entreprend apparemment un voyage. Un petit chien trottine sur ses talons. S'il existe une allusion, il doit y en avoir d'autres.

  Le symbole "Thêta" avec une ligne épaisse au centre représente la Mort. Une référence probable au cimetière où Saunière avait trouvé l'inspiration parmi les pierres tombales, ou bien un avertissement de danger lié à ce chemin. 

  Cependant, le même symbole mais avec un trait vertical représente le Fer. Utilisé dans un contexte alchimique ou astrologique, ce symbole est interchangeable avec celui de Mars et le symbole de Mars est interchangeable avec celui du Fer.

  Le même symbole mais avec un trait vertical légèrement plus court signifie une Décade. Dans une étude de Madame Blavatsky (1888), ce signe est relié au dix de l'arbre séphirotique, les fruits célestes, le dix né des deux semences indivisibles mâle et femelle qui donne le 12, ou Dodécahèdre Universel.

  Le thêta qui contient un petit point en son centre peut avoir n'importe laquelle des significations suivantes:-

albumen, cinabre, cosmos, essence, oeil de Dieu, hydrogène, infini, Fou, mâle, manifestation, perfection, or potable, puissance primitive, soleil, Sun Arcanum, les trois principes.

Plutôt que de donner la description de tous ces termes sur cette page, je vous propose de les consulter à l'aise sur la page qui leur est consacrée:-

  Le signe "N" est connu sous le nom de lutage et aussi 'Lutum Sapientiae' ("lutum" signifiant saleté, argile ou boue et "Sapientia" signifiant "sagesse"). "Lutum" était également une plante utilisée pour teindre en jaune. Le signe fait, dans ce cas-ci, référence soit au scellement de récipients soit à l'art hermétique lui-même; une référence à une société secrète ou un groupe secret; ou bien une référence aux destinataires de ce message codé; quelqu'un qui est au courant. Le "scellement de récipients" est particulièrement intéressant si l'on se souvient des trois tubes hermétiquement scellés trouvés sous la pierre d'autel de l'église.

  Enfin, vous remarquerez que sous le "N" il y a un petit point. La taille du point semble indiquer qu'il a été placé ici intentionnellement. Un simple point signifie "archétype" ou "unité".

Les archétypes sont des formes graphiques combinées de diverses manières pour exprimer des idées occultes ou hermétiques.

L'unité est décrite comme étant le Mercure des philosophes, la "Materia Prima", et "le mercure qui est le commencement, but et fin de l'oeuvre alchimique".

Il peut sembler quelque peu exagéré de faire intervenir ce symbolisme dans le décodage du pictogramme, mais cela vaut la peine de garder à l'esprit quelques notions d'histoire: l'Eglise et les différents groupes tels les Albigeois, dont la présence transpire de chaque pore de cette région, ont toujours utilisé un symbolisme. Bérenger Saunière en était bien conscient, comme on peut le constater d'après la masse de détails que l'on trouve dans l'église qu'il fit rebâtir des fondations au toit. Chaque objet déborde de symbolisme. Symbolisme auquel il consacra un temps considérable avant de donner ses instructions aux artisans qui allaient entreprendre leur travail de réfection. L'église elle-même contient d'innombrables symboles dans ses tableaux et hauts et bas reliefs, pour transmettre les enseignements de la Bible. Actuellement, ce langage a été perdu en grande partie, c'est pourquoi il est devenu si difficile de déchiffrer des documents comme ceux-ci. Les oeuvres du peintre hollandais Jérôme Bosch nous semblent aujourd'hui des cauchemars inspirés par l'enfer. Mais ce ne sont que des allégories que tous pouvaient aisément comprendre au temps de leur création.

Ce petit dessin est en fait la chose la plus importante du manuscrit. Il est littéralement la première chose que l'on regarde. Pour quelqu'un qui aurait quelque connaissance de ces symboles, ce signe est "criant" et c'est sans doute ce que l'auteur du manuscrit a voulu dire au lecteur qui sait: "regarde de plus près et tu trouveras quelque chose qui t'intéresse". En fait, c'est exactement ce que fit Bérenger Saunière, et il fut joliment récompensé de ses efforts.

Les Albigeois

Les Albigeois ont été l'une des sectes hérétiques les plus importantes de l'histoire de l'Europe. Leur mouvement s'était répandu à partir de la région méditerranéenne de l'Europe du Ve au XVe siècle de notre ère. L'un des centres les plus importants du mouvement fut le sud-ouest de la France. Le nom a pour origine celui de la ville d'Albi, en France, qui fut l'une de leurs places fortes pendant quelque temps. Les Albigeois ou Cathares croyaient en une dualité divine. C'est-à-dire qu'il y aurait deux Dieux: un bon et un mauvais. Ils croyaient que ces deux Dieux sont en lutte constante et que les hommes sont des pions manipulés par ces deux divinités. Ils considéraient tout ce qui est matériel: richesses, nourriture, et même le corps humain, comme mauvais. L'âme a été attachée à la forme humaine par le diable. Leur seul espoir de délivrance était de mener une vie droite; le salut pouvait résider dans la mort. L'être humain qui ne menait pas une vie pure et bonne était certain de devoir renaître soit en tant qu'être humain, soit en tant qu'animal. On pourrait être tenté de penser que cette doctrine n'était pas aussi hérétique qu'il y paraît. Malheureusement pour les Albigeois, ils pensaient aussi que l'Eglise, avec son clergé dissolu, ses richesses et ses pratiques parfois douteuses, était le siège du démon lui-même, c'est pourquoi il fallait l'éviter à tout prix. On peut donc comprendre à présent pourquoi l'Eglise ne voulait pas permettre à ce groupe de partager la même planète qu'Elle. Une publicité de cette sorte n'était pas ce dont l'Eglise avait besoin. Elle s'efforça de reconvertir les Albigeois, mais leur croyance était tellement bien ancrée en eux que toutes les tentatives échouèrent. Enfin, l'Eglise atteignit un point où elle voulut attaquer le problème avec sévérité, et aux environs de 1209 le pape Innocent III ordonna d'entreprendre une "sainte" croisade contre les Albigeois. L'armée, si l'on peut l'appeler ainsi, fit la guerre aux hérétiques pendant près de 30 ans, massacrant sans merci tout qui était ouvertement Cathare ou qui donnait l'impression d'adopter ce style de vie. Confrontés à une telle brutalité, les Albigeois fuirent vers les régions éloignées de France et d'Espagne. Ils semblent avoir survécu en petits groupes jusqu'au XIVe siècle, c'est-à-dire lorsque l'Inquisition espagnole reprit de plus belle la lutte contre les Cathares et annihila pratiquement la secte.

 

 

 

 

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Dernière revison de la page: 01-03-2005