Les Statues – Description générale

La disposition des statues dans l’église a été soigneusement calculée. Nombre d’entre elles se font face, tandis que les autres sont l’une à côté de l’autre. En général, elles se trouvent groupées par deux. La plupart d’entre elles ont été placées entre deux stations du chemin de croix. Et de la même manière que des statues se font face, les stations du chemin de croix se font face également. La conclusion évidente que l’on peut tirer de ces dispositions est que statues et chemin de croix doivent être interprétés par groupes de deux. Le plan sur le sol de l’église aide à rendre plus clair la disposition:-

Avant de commencer toute analyse ou interprétation, je pense qu’il faut que je vous emmène faire une petite visite guidée des lieux. Tout d’abord, il faut connaître les vies des saints qui peuplent l’église, parce que des éléments de ces vies jouent, dans certains cas, un rôle vital dans la compréhension de ce que Saunière a essayé d’exprimer. Ensuite, nous jetterons un coup d’œil rapide aux statues et au chemin de croix. Ainsi, vous aurez un aperçu de première main de ce que Bérenger Saunière avait dans l’idée et vous pourrez essayer d’assimiler l’impressionnante imagerie qu’il a incorporée dans chaque sujet. La statue du diable a été décrite à la page précédente.

Vies des saints dont l’image se trouve dans l’église

Saint Jean Baptiste

St Jean Baptiste se tient debout, au-dessus de quelqu’un qu’il semble être en train de baptiser. La conclusion est que la personne en question est Jésus. Saint Jean estT-Baptiste_small.jpg (4121 bytes) vêtu à la romaine, ce qui est pour le moins étrange. Selon les descriptions bibliques, il était toujours vêtu très sommairement. Un ruban est drapé au-dessus de la croix qu’il tient dans la main gauche. Notez la bande sur laquelle apparaissent les lettres Alpha et Omega, lettres qui apparaissent sur les parchemins. Le trait le plus intéressant de cette statue est que la personne qui reçoit le baptême a adopté presqu’exactement la même position que celle du diable près de la porte, mais en miroir. On fête Saint Jean Baptiste à deux dates : le 24 juin, jour de sa naissance, et le 29 août, date adoptée aux environs de 1801, pour commémorer sa décollation.

Sainte Germaine

Cette statue représente Sainte Germaine. Bien qu’elle fût bergère et vécût dans la plus grande pauvreté, il T-germaine_small.jpg (4278 bytes)serait impossible de déduire cela de la manière dont elle est vêtue ici. Les moutons sont les seuls indices de son occupation.

Sainte Germaine est née en France vers 1597. Elle s’appelait Germaine Cousin et était originaire de Pibrac près de Toulouse. Elle était fille de fermiers et était de faible constitution. Pendant toute sa vie elle dut endurer de grandes souffrances infligées par ses proches, et en particulier par sa marâtre. Dès l’âge de neuf ans on lui confia un troupeau de moutons à garder. A la maison, elle devait dormir dans un recoin sous l’escalier. A cause de son extrême piété elle était méprisée par les gens du village, mais elle leur répondait toujours par des paroles aimables. Elle accomplit deux miracles : un jour elle traversa une rivière sans que ses vêtements ne soient mouillés; une autre fois, on l’avait accusée d’avoir volé un pain pour nourrir des pauvres, et fut forcée d’ouvrir son tablier devant tout le monde. A la surprise générale, il ne contenait que des fleurs printanières. Elle mourut à l’âge de 20 ans, le 16 juin 1601 et fut canonisée en 1867. On la fête le 15 juin.

Saint Antoine l'Ermite

Sous cette représentation, Saint Antoine est vêtu très richement. Un cordon est noué autour de sa taille, semblable à celui des moines. Dans sa main gauche il tient un livre fermé (sans doute la bible), tandis que dans la droite il a un bâton à l’extrémité duquel est attachée une clochette. Une croix d’or semble être cousue sur sa tunique, ou bien elle pend à un fil invisible.

Saint Antoine naquit à Come, près d’ Heracléopolis Magna dans le Fayoum (Egypte), vers le milieu du troisième siècle. Sa famille était aisée, et lorsque sesT-Ermite_small.jpg (4301 bytes) parents moururent il hérita de leur fortune. Un jour, alors qu’il se trouvait à l’église, il entendit les mots: «si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu possèdes». Pensant que ces paroles lui étaient destinées, il se débarrassa rapidement de tous ses biens terrestres et entra en religion. Il commença par mener une vie d’ascète, et en observant les vies d’autres ascètes, il affina sa philosophie. Il prit ensuite résidence dans une tombe où, dit-on, il dut se battre pratiquement à mort contre des démons et des bêtes sauvages. Après environ 15 ans de cette vie, à l’âge de 35 ans, il trouva que la présence d’un compagnon était trop difficile à supporter de sorte qu’il se retira alors dans un fort abandonné près de Der el Memum, où il vécut dans un isolement complet pendant 25 ans. Pendant ce temps, il ne porta le regard sur aucun autre être humain. On lui jetait de la nourriture par-dessus les murs. A mesure que les années passaient, des pèlerins virent rendre visite à cet étrange reclus et, au fil du temps, une petite colonie d’adeptes se constitua non loin de là. Bien qu’il ne vît jamais ses visiteurs, il céda cependant à leur prière de devenir leur guide spirituel, et vers 305 il abandonna sa retraite. Sa réputation et le nombre de ses adeptes crûrent et un monastère fut fondé dans le voisinage. On dit souvent qu’il a été le fondateur du monachisme chrétien. Après avoir passé quelque temps à prêcher ses nouvelles ouailles, il retourna à une vie de réclusion et trouva une grotte près de la Mer Rouge, dont il fit sa demeure. Il devait passer là 45 ans, et y mourut à l’âge étonnant de 105 ans. On pense qu’il est mort en 356 ou 357.

Il faut savoir qu’il existe un autre Saint-Antoine, moins bien connu. Ce Saint-Antoine-ci naquit aux environs de 468 à Valeria en Pannonie inférieure. A l’âge de huit ans, son père mourut et l’enfant fut placé sous la tutelle de Saint-Séverin. Après le décès de celui-ci, c’est l’évêque Constantin de Lorsch en Bavière qui s’occupa du garçon. Pendant son séjour en Bavière Antoine allait devenir moine. En 488 il retourna en Italie pour rejoindre l’ecclésiastique Marius et ses compagnons en tant qu’ermite au Lac de Côme. A mesure que sa popularité et le nombre de ses adeptes croissaient ses compagnons en religion accumulaient du ressentiment à son égard, de sorte qu’il dut s’en aller pour fuir leur colère. Il s’installa alors à Lerins en Gaule mais y vécut seulement deux ans. Il est renommé pour ses nombreux miracles et sa profonde spiritualité.

Saint- Joseph

T-joseph_small.jpg (5568 bytes)De sa position immédiatement en face de la Vierge Marie, on peut supposer que ce Joseph n’est autre que l’époux de celle-ci et le père de Jésus. En fait il porte un jeune enfant, sans doute Jésus. Le socle sur lequel il est représenté mentionne simplement Saint Joseph, et je ne peux pas certifier que la statue représente ce personnage en particulier. Historiquement, on connaît très peu de choses au sujet de Joseph et dans la Bible on le mentionne à peine. Sa légende de Saint ne commença à se répandre qu’aux alentours du XVIIe siècle. On le fêtait le 19 mars. Plus tard, le pape Pie XII décida qu’on le commémorerait le 1er mai.

La Vierge Marie

Cette statue représente très certainement la Vierge Marie. Saunière s’est contenté de la nommer "Vierge Mère". Elle tient l’enfant Jésus sur son bras droit. Comme c’est le cas pour toutes les statues de l’église, Marie resplendit dans des vêtement très élégants.

Bibliquement parlant, on sait très peu au sujet de MarieT-marie_small.jpg (5725 bytes) et les évangiles y font à peine allusion. Elle naquit à Jérusalem vers 19 avant l’ère chrétienne et y mourut vers l’an 46 de notre ère.

Elle fut la première à croire en Jésus et se tint fermement à ses côtés lors de la crucifixion vers l’an 30 de notre ère.

Après la mort de Jésus, Marie passa de nombreuses années à transmettre ses souvenirs au groupe sans cesse croissant des adeptes de son fils. Selon les textes les plus fiables de la Bible, elle passa le reste de sa vie à Jérusalem et y mourut. La croyance populaire veut qu’à la mort de sa mère, Jésus Christ vint prendre son corps et son âme pour les emmener dans les Cieux où elle fut couronnée reine du Ciel et de la Terre.

 

    

 

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Dernière revison de la page: 05/06/05