L’église de Saunière
L’église de Sainte Madeleine
à Rennes-le-Château fut consacrée, à l’origine, en 1059. Voilà sans doute la
raison pour laquelle Bérenger Saunière a voulu restaurer un bâtiment quasiment
en ruines lors de son entrée dans la paroisse: il y avait reconnu une
précieuse relique historique, digne d’être préservée.
De l’extérieur, le bâtiment
est plutôt insignifiant et ressemble à de nombreuses autres églises de
villages de la région. Mais derrière son porche sophistiqué se cachent des
secrets. Secrets extraits sans aucun doute des parchemins trouvés sous
l’ancien autel de l’église par l’abbé Bérenger Saunière, lors de son
arrivée dans la paroisse de Rennes-le-Château, il y a plus d’une centaine
d’années. Dès la découverte de ces parchemins, Saunière entreprit une
reconstruction systématique et en profondeur de l’église. Aucune dépense ne
fut épargnée, et le projet prit tout le temps qu’il fallait pour le mener à
bien. Du début des travaux jusqu’à la touche finale, il fallut 11 années, et
le coût en a été estimé à 3.5 millions de francs de l’époque, ce qui
correspond de nos jours, à environ 8,75 millions de livres sterling. Montant
qui aurait pu lui permettre de faire construire 8.000 nouvelles églises!
Souvenez-vous que l’estimation initiale de construction d’une nouvelle église
était de 4.500 francs. Considérez aussi que son salaire, lorsqu’il entra en
charge, était de 75 FRF par mois. Cela permet de remettre en perspective ces
sommes incroyables.
Il n’a pas non plus, fait
appel aux premiers artisans venus. Il a passé le pays au peigne fin pour
trouver les meilleurs. Il a fait comme s’il s’agissait de son chef d’œuvre
personnel. Il a déployé, lors de la reconstruction de l’église, d’immenses
efforts pour y inclure tous les éléments possibles empruntés aux parchemins
dont nous avons connaissance aujourd’hui, et sans aucun doute empruntés aussi
à d’autres documents en sa possession. Beaucoup de ces éléments sont discrets,
mais d’autres sautent aux yeux. Quels qu’aient été les messages contenus dans
les parchemins et quoi qu’il ait pu extraire de ceux-ci, il est hors de doute
qu’ils l’ont profondément marqué, et ce pour le restant de ses jours. Il est
également évident de par le contenu de son ouvrage, qu’il était déterminé à
transmettre un message au monde extérieur. Pour ce que nous en savons, il a
sans doute voulu partager ses richesses. Cependant, puisqu’il avait dû fournir
de tels efforts pour arracher leur secret aux parchemins, il a sans doute
pensé que le bénéficiaire suivant devrait également suer sang et eau pour
parvenir au fond du mystère. Peut-être aimait-il la plaisanterie et
considéra-t-il ceci comme sa "pièce de résistance".
A mesure qu’on explore
l’intérieur fascinant de cette église, on reconnaît une multitude de signes
qui font allusion à des éléments des parchemins. N’imaginez pas un seul
instant que les réponses à ce mystère persistant vont vous sauter aux yeux.
Bérenger Saunière a appris beaucoup des parchemins qui ont été si favorables à
lui-même et à d’autres, mais par dessus tout, il a appris l’art de crypter et
de dissimuler. Pour terminer, je voudrais rappeler que le concept de la
décoration intérieure de l’église est généralement attribué à Bérenger
Saunière personnellement. Cependant, nous visiteurs étrangers, ne devons pas
perdre de vue que l’un des amis proches de Saunière était l’abbé Henri Boudet,
qui était lui-même entré en possession d’une fortune colossale, et qui était
l’auteur de plusieurs livres extrêmement complexes et étranges. Il est très
vraisemblable que ce sont les deux hommes ensemble qui ont décidé de
l’imagerie que nous pouvons contempler à ce jour.
Le porche
Lorsqu’on aborde
l’église par le bas de l’étroite allée, le porche apparaît bientôt. Un petit
toit protège les sculptures décoratives qui se trouvent au-dessus de la porte.

Au sommet même de
l’ornement gravé se trouve un motif sculpté en forme de ruban, portant
l’inscription 'In Hoc Signo Vinces' et une proche traduction française de ce
texte se trouve à l’intérieur de l’église, au pied du groupe de statues juste
derrière le diable: « Par ce signe tu le vaincras ». Vaincre qui ? Le texte
latin dit en principe «en ce signe tu vaincras» mais comme le latin exprimait
les idées au sens large, ce texte peut aussi signifier « tu seras toujours
vainqueur » ou « tu es le vainqueur incontesté ».
Est-ce une allusion au
trésor ou à autre chose ? Comme je l’ai mentionné précédemment dans cet
ouvrage, j’ai constaté que le petit pictogramme dans le coin supérieur gauche
du parchemin 1 forme le signe de la croix lorsqu’on en trace les lignes. Le
même ensemble de mouvements et fait par les quatre anges à l’intérieur de
l’église. Et voici le premier indice menant aux parchemins. Nous n’en avons
pas encore fini avec ces mots mystérieux, parce qu’ils font leur apparition
ailleurs dans l’Histoire. Constantin le Grand (274-337 de notre ère),
fondateur de Constantinople (devenue Istanbul) fut le premier gouverneur
romain à se convertir au christianisme. En l’an 312 de notre ère, au soir de
la bataille du pont de Milvia contre son rival Maxence, le Christ lui apparut
en rêve et lui ordonné d’écrire les deux premières lettres de son nom sur le
bouclier de chacun de ses soldats (XR) (hi rho). Le jour suivant, Constantin
aperçut une croix superposée au soleil, accompagnée des mots "In Hoc Signo
Vinces". L’issue de la bataille fut que Constantin défit Maxence.
Ce que nous rencontrons
ensuite sous le porche est une statue. La plaque au bas de celle-ci paraît
indiquer qu’il s’agit de la représentation de Saint Marie-Madeleine. Elle
tient une croix qui, du nord, pointe dans une direction de 140° (c’est-à-dire
vers le sud-est). De chaque côté de la statue se trouvent des pots de plantes.
Juste en-dessous de la
statue et en retrait, se trouve un cadre oblong, dans lequel est inscrit:-
|
Regnum mundi et omnem ornatum soeculi contempsi propter anorem domini
mei Jesu Christi quem vidi quen amavi in quem cremini quem dilexi. |
Je ne suis pas savant
en latin, cependant j’aperçois immédiatement qu’il y a deux fautes
d’orthographe. Observez les deux premiers mots:. Ils sont directement extraits
du parchemin 2 qui contient un certain nombre de petites lettres dont
l’ensemble forme les mots REX MUNDI. Ici encore, Saunière a recours aux
parchemins, soit pour attirer notre attention sur quelque chose, soit pour
nous égarer.
Le texte latin correct
est:
|
regnum
mundi et omnem ornatum saeculi contempsi propter amorem domini mei jesu
christi quem vidi quem amavi in quem credidi quem dilixi. |
C’est-à-dire, en
français:
J’ai méprisé le royaume
terrestre et toutes ses vanités pour l’amour de mon Seigneur Jésus Christ que
j’ai vu, que j’ai aimé, en qui j’ai cru et que j’ai estimé.
Je suis très
reconnaissant à Michel Vuijlsteke de m’avoir procuré le texte latin correct et
sa traduction.
Incidemment, ce texte
latin n’apparaît nulle part tel quel dans la bible, mais il peut s’agir.
Ensuite, dans la série
des inscriptions, vient une pierre centrale qui ressemble à une clé de voûte
soutenant l’arc principal. En travers sont inscrits ces mots:-
|
Terribilis
Est Locus Iste
|
Terrible est ce lieu.
Pourquoi voudrait-on écrire une telle phrase à l’entrée d’une église?
L’inscription comporte 22 lettres et, comme vous l’avez vu dans des sections
précédentes, le nombre 22 est répété à de nombreuses reprises. Par exemple, il
y a 22 lettres dans l’inscription "Par ce signe tu le vaincras". 22 lettres
dans l'alphabet hébreux, et 22 marches conduisant à la tour de Magdala. 22
créneaux sur la tour, 22 lettres au haut et au bas du message gribouillé de
Saunière "Sot pêcheur à l'embouchure du Rhône…". Il est évident que le nombre
22 a eu un sens spécial pour Saunière et nous devrons nous en souvenir.
En commençant à gauche
de l’inscription ci-dessus et poursuivant vers la droite, nous lisons:-
|
Domus Mea Domus - - - Orationis Vocabitur |
Ce qui veut dire: «Ma
maison sera appelée une maison de prière».
De la même manière que
les textes des deux parchemins connus ont pour origine les évangiles, nous
trouvons ici encore, un lien direct avec ceux-ci : Le texte se trouve dans
chacun des évangiles suivants :-
Mathieu 21:13
|
Et
dicit eis: Scriptum est: Domus mea domus orationis vocabitur: Vos
autem illam speluncam latronum.
|
Marc 11:17
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Et
docebat dicens eis: None scriptum est: Quia domus mea, domus
orationis vocabitur omnibus Gentibus? Vos autem fecistis eam
speluncam latronum.
|
Luc 19:46
| Dicens
illis: Scriptum est: Quia domus mea domus orationis est. Vos autem
fecistis illam speluncam latronum. |
Jean 2:16
| Et
his, qui columbas vendebant dixit: auferte ista hinc, et nolite facere
domum patris mea domum negotiationis. |
Les trois premiers
évangiles se terminent sur les mots: «et vous en avez fait un repaire de
voleurs. Cependant, le mot "spelunca, -ae, peut aussi indiquer une grotte. Et
les grottes sont certes un élément important du mystère, puisque la région en
regorge. Le premier de ces évangiles (Mathieu 21:13) est également intéressant:
Rappelez-vous le parchemin 1: il était extrait de Mathieu 12:1. Voyez la
similitude des nombres: 21:13, 12:1. Retournez l’un ou l’autre, et vous
obtenez des nombres presque semblables. L’utilisation de nombres est également
fréquente dans les messages codés.
La section suivante du
porche porte une autre inscription, également divisée en deux:-
|
Hic
domus dei est - - - et porta |
Tel qu’il est, le
message est incomplet. Il signifie: "Cette maison est la maison de Dieu …
et ? ? «Porta» pris isolément est la porte d’une ville, une grille ou une
porte. Ce pourrait être aussi une forme du verbe « portare » qui signifie
porter, apporter. En tout cas, un mot au moins manque, de sorte qu’il est
impossible de donner un sens à la phrase. Ou bien alors elle pourrait
signifier «cette maison est la maison de Dieu, et ceci est Sa porte».
La référence biblique
originale m’a été aimablement fournie par un lecteur. Le texte se trouve dans
la Genèse 28:17 :-
Pavensque,
quam
terribilis est
inquit locus iste
non est hic aliud
nisi domus dei et porta
coeli.
locus iste non est
hic aliud nisi
domus dei et porta coeli.
Comme vous pouvez le
voir, la première partie, "Terribilis est locus iste", est extraite telle
quelle de ce chapitre, et même l’ordre des mots a été conservé. La deuxième
partie : "Hic domus dei est - - - et porta" est, une fois encore, pratiquement
exactement ce que nous lisons dans ce chapitre de la Genèse, la seule
différence étant la position du mot «Est». Le fait que ce texte soit aussi
extrait de la Genèse est une excellente indication qu’il s’agit de la
référence biblique correcte. Pour comprendre pourquoi je dis cela, il vous
faut lire ma « Théorie d’Unification » dans la section sur les ouvrages d’
Henri Boudet. Il s’est largement inspiré de la Genèse pour écrire son livre
«La Vraie Langue Celtique».
La sculpture qui se
trouve juste sous l’ inscription "Terribilis est locus iste" représente les
armes du pape Léon XIII. Juste sous la sculpture se trouvent les mots "Lumen
in Coelo" ce qui signifie « lumière dans le ciel », ou alors, si vous adoptez
le langage de Boudet, «lucarne», en anglais 'skylight' .
Dans l’église –
Le diable
Passé le
porche, on est accueilli par un diable hideux du côté gauche.

Ce qui
frappe dans cette sculpture, c’est la posture incroyablement inconfortable du
sujet. Il n’est pas agenouillé, ni debout, ni accroupi. A mon avis, il paraît
se préparer à se tenir debout, ou bien il a glissé sur quelque chose et s’est
retrouvé dans cette position inconfortable. Sa main gauche paraît avoir relevé
son vêtement pour révéler le genou droit et une partie de sa cuisse. Sa main
droite fait un geste des plus étranges, comme si elle voulait former la lettre
O ou quelque chose de rond. De nos jours, ce signe peut signifier que « tout
va bien », ou "d’accord". En fait cela ne représente rien de plus sinistre ni
cryptique que la position du port d’un trident. Celui-ci faisait à l’origine
partie de cette statue, mais a été enlevé par la suite. Ce diable grimace de
manière hideuse. Il a une expression d’intense douleur ou d’inconfort extrême,
due, sans doute, à sa position. En fait, quiconque tenterait de prendre cette
position la trouverait très rapidement intenable. Sa tunique est très belle et
semble être faite de soie verte. Sa taille est ceinte d’une
ceinture dorée. La photo montre que le diable porte en fait les
fonts baptismaux sur ses épaules. Il est intéressant de noter que ces fonts
sont la représentation d’une coquille d’huître géante. On peut se demander
s’il n'y a pas ici une allusion au chiffre huit.
Certains disent qu’il
est assis sur un petit siège invisible, ce qui pourrait faire allusion à un
site nommé "Le fauteuil du diable", qui se trouve non loin de la "Source du
Cercle". De nombreuses théories circulent à propos de caractéristiques
anatomiques de ce diable, mais aucune d’entre elles n’a apporté une
contribution importante à l’éclaircissement du mystère. Comme je l’ai
mentionné à plusieurs reprises, à moins d’avoir des preuves solides pour
étayer une théorie, on ne va pas très loin.
Les anges
Légèrement en arrière
et à la droite du diable, et aussi légèrement au-dessus de celui-ci se trouve
un groupe de quatre statues d’anges.

Chacun de ces anges est
en train d’exécuter un des mouvements qui composent le signe de la croix. A
l’exception peut-être de l’ange qui se trouve dans la position la plus élevée,
et celui qui est agenouillé, car ceux-ci semblent voir quelque chose qui se
passe au loin et pointer du doigt quelque chose qui se trouve vers le bas. Au
pied du groupe se trouve l’inscription "Par ce signe tu le vaincras". Bien que
peu visible sur la photo, juste en-dessous de l’inscription se trouve une
petite plaque circulaire sur laquelle sont écrites les lettres BS. En-dessous
de la plaque il y a deux salamandres dont la queue soutient un anneau placé au
sommet d’une pomme de pin. Des flammes semblent surgir tout autour d’elles.

Puisque cette petite
plaque est isolée du reste et présente un aspect intéressant, je lui ai
consacré une section séparée. Cliquez sur le bouton ci-dessous pour la
visualiser.

Etant donné la
proximité avec le diable, la conclusion qui vient immédiatement à l’esprit est
qu’elle se réfère à lui : « Par ce signe tu le vaincras ». A nouveau, ce qui
est intéressant dans le cas présent est que cette ligne de texte comporte 22
caractères.
La ceinture dorée
On peut voir sur la photographie que le
diable porte une ceinture dorée autour de la taille. Cette ceinture paraît
être un anneau d’or plutôt qu’une ceinture de cuir ou de tissu. Il
pourrait s’agir ici d’une allusion à l’un des rois carolingiens, Jean
XI, dont le lignage remonte à Sigebert IV. Les armoiries de Jean XI
comportent la partie supérieure d’une armure au-dessus d’un champ strié
verticalement, au centre duquel se trouve une fleur de lys entourée d’une
bande dorée. La devise est "Et in Arcadia ego".
