Sections intéressantes d’ouvrages de Boudet

Lorsqu’on lit les livres écrits par Boudet, on ne peut s’empêcher de remarquer certains textes si mystérieux et énigmatiques ils sautent littéralement aux yeux. Ce qui suit est extrait de «La Vraie Langue Celtique» et représente l’une des parties réellement les plus confondantes et intéressantes de ses ouvrages. Je considère ceci comme hautement significatif. Ce texte n’est pas simplement une licence poétique ou littéraire, mais constitue une tentative manifeste de communiquer quelque chose de grande importance au lecteur. Le voici:-

La Vraie Langue Celtique

A partir de la page 120:-

«Janvier, Urtharrilla.» Le mauvais temps du mois de janvier arrête les travaux de ceux qui voudraient passer la herse dans leurs champs, – to hurt, nuire, – to harrow, herser, – to will (ouil) désirer, vouloir –.

«Février, Otsaïla.» La chaleur est suffisante pour déterminer la débâcle des glaces des côtes du Pont-Euxin et permet de mettre à la voile – hot, chaud, – to sail (séle), mettre à la voile –.

«Mars, Martchoa.» Les pluies continuelles de mars changent forcément les terrains en marécages – marsh, marais, un lieu marécageux, – to owe (ô), devoir –.

«Avril, Aphirila.» Désirer que les céréales présentent bientôt l'image de l'épi – to ape, présenter l'image, – ear (ir) épi de blé, – to will (ouill), désirer.

«Mai, Maiyatza.» Aux épis souhaités viennent s'adjoindre, en mai, les brillantes fleurs des champs – to may (), cueillir des fleurs, – to add, ajouter –.

«Juin, Erearoa.» S'agiter pour passer la herse dans les champs – to hare (hère), s'agiter, – to harrow, passer la herse –.

«Juillet, Uztaïla.» Différer les grandes réunions, les assemblées, sans doute à cause de la chaleur – to hustle, remuer ensemble, – to while (houaïle), différer –.

«Août, Agorilla.» Les ruisseaux cessent de couler – ago, passé – to rill, couler, ruisseler –.

«Septembre, Bûruïla.» Désirer de se terrer, de s'enfermer dans les cavernes affectées à l'habitation, – to burrow (beurrô), se terrer, se retirer sous terre – to will (ouill) vouloir, souhaiter –

«Octobre, Urria.» Se hâter dans les travaux des champs – to hurry (heurri), se presser.

«Novembre, Hazila.» La brume se traîne sur les collines – to haze, faire un temps brumeux, – hill, colline –.

«Décembre, Abendoa.» Se couvrir de vêtements de laine – abb, trame de laine, – to endue (endiou), se revêtir.

Les périphrases employées dans la langue basque sont plus sensibles encore dans l'expression de certains faits naturels comme le lever et le coucher du soleil, le lever et le coucher de la lune.

«Le lever du soleil, iruzki atheratzea» présente le sens suivant: celui qui est fatigué, déteste d'entendre bourdonner dans l'air – to hear (hir), entendre, – to huzz (heuzz), bourdonner, – sky (skaï) air, – to hatter, harasser, – to hate, détester –.

«Le coucher du soleil, iruzki sartzea» accuse une formation semblable: le cultivateur arrivé au soir, déteste d'entendre bourdonner dans l'air, – to hear (hir) entendre, – to huzz, bourdonner, – sky, air – sart, terrain cultivé –.

«Le lever de la lune, ilhargi atheratzea.» L'homme harassé de fatigue déteste de vouloir prêter l'oreille aux cris, – to will (ouill), vouloir, – to harck, prêter l'oreille, – hue (hiou), cri, – to hatter, harasser, – to hate, détester –.

«Le coucher de la lune, ilhargi sartzea.» Le cultivateur désire de prêter l'oreille aux cris, – to will (ouill) désirer, – to harck, prêter l'oreille, – hue (hiou), cri, – sart, terrain cultivé –.

Examinons encore d'autres expressions dont l'explication servira à placer la langue basque dans tout son jour, c'est-à-dire, comme dérivant pleinement de la langue primitive.

«Le matin, goïza»; marcher avec facilité – to go, marcher, – ease (ize); aise, facilité –

«Midi, eghuerdi»; moment où cesse la croissance de la lumière solaire et où commence sa décroissance – to egg, pousser, – hour (haour), moment, heure, – day (), jour –.

«Le soir, arratxa»; courir en hâte vers le logis – to hare, courir – rath, en hâte –.

«Minuit, gaûherdi»; aller vers l'heure, le moment du jour – to go, aller, – hour (haour), heure, – day (), jour –.

«Un champ, landa bat.» – Land, terre, – bat correspond à un.

«Une source, ithurri beghi bat.» Commencer à hâter sa course – heat (hit), course, – to hurry, hâter, – to begin (biguin), commencer.

«Une fontaine, ithurri bat.» Précipiter sa course, – heat (hit), course, – to hurry, précipiter.

«Cabane, etchôla.» Une foule de têtes sous le même toit, – head (hèd), tête, – shoal (chôl), une foule, une troupe.

«Epingle, ichkilin.» L'extrême propreté était bien loin de briller dans les hôtelleries où s'arrêtaient d'infortunés voyageurs consciencieusement armés d'une épingle: on comprend aisément de quels insectes dégoûtants et agaçants il est ici question, – to itch, démanger, – to kil, tuer, – to inn, loger dans une auberge.

«Maison, etchea.» Une tête qui médite, – head (hèd), tête, – to chew (tchou), méditer.

«Cave, sotua.» Partie de la maison où l'on pourrait devenir hébété à force de boire, – to sot, devenir hébété à force de boire, – how (haou), de quelle manière.

«Le tonnerre, ihurtzuria.» Voir en haut l'éclair qui est sûr de faire du mal, – high (haï), haut, – to hurt, faire du mal, – sure (choure) sûr, – to eye (), voir.

«Les ténèbres, ilhumbeak.» Apaiser les bourdonnements, les aboiements et les bêlements, – to heal (hil), apaiser, – hum, bourdonnement, – to bay (), aboyer, bêler –.

«S'aveugler, itxutzea.» L'oeil se referme par l'effet d'un coup, – to hit, donner un coup, to shut (cheut) se refermer –.

«Se casser une jambe, zango bat aûstea»

Gâter l'os de la jambe, – shank, l'os de la jambe, – bat, une – to waste (oueste), gâter –.

«Pleurs, nigarrac.» Refuser le nécessaire, – to niggard, refuser le nécessaire –.

«Rival, yelostarria.» Pousser des cris d'horreur à la vue de l'ennemi et l'attaquer pour le piller, – to yell, pousser des cris d'horreur, – to host, attaquer, to harry, piller –.

«Famille, maïnada.» Ajouter l'essentiel, c'est-à-dire les enfants, – main, essentiel, – to add, ajouter –.

«L'honneur, ohorea.» Etre obligé d'avoir les cheveux blancs, – to owe (ô), être obligé, – hoar (hôre), qui a les cheveux blancs –.

Si l’on examine les descriptions données pour chacun des mots en langue basque, il devient clair que Boudet est en train de décrire un voyage. Où les lieux en question sont ils situés? Ceci est mystérieux, mais je pense que des indices peuvent être trouvés dans le livre. Il paraît clair aussi que le voyage décrit a impliqué des épreuves et des privations, donc il semble logique qu’il s’agit d’un endroit tout à fait étranger à l’environnement habituel de Boudet. Voici par exemple sa description des pensions où il a logé:-

«Epingle, ichkilin.» L'extrême propreté était bien loin de briller dans les hôtelleries où s'arrêtaient d'infortunés voyageurs consciencieusement armés d'une épingle: on comprend aisément de quels insectes dégoûtants et agaçants il est ici question, – to itch, démanger, – to kil, tuer, – to inn, loger dans une auberge.

Cette description implique clairement une pauvreté extrême, de la misère et un endroit, selon toute vraisemblance, isolé. L’aiguille dont il est question semble indiquer que des parasites s’introduisent sous la peau et doivent donc être extirpés avec un instrument pointu. Je ne suis pas expert en parasitologie humaine, mais il me semble que des parasites qui s’introduisent sous la peau sont plus communs sous des climats tropicaux ou semi-tropicaux qu’en Europe. Il est aussi possible que l’aiguille ne soit pas réelle mais allégorique. Peut-être décrit-il la nécessité d’être pointu dans sa pensée, ou que le secret auquel il fait allusion est en fait quelque chose de très petit, qui ne peut être extrait qu’au moyen d’une «aiguille».

Dans la première partie de ce texte, il donne des descriptions des 12 mois de l’année. Il est intéressant de noter qu’il donne 12 autres descriptions dans son livre «Du Nom De Narbonne». Celles-ci commencent au bas de la page 11 et se poursuivent pratiquement jusqu’à la fin de l’ouvrage. Plutôt que reproduire le texte entier, je vous demande de bien vouloir vous référer à la section appropriée du livre.

Bien que le sujet de ces descriptions ne soit pas les 12 mois, comme dans «La Vraie Langue Celtique», il est bien possible que les deux types de description aient quelque chose en commun.

Les deux sections suivantes présentent également un grand intérêt:-

«Famille, maïnada.» Ajouter l'essentiel, c'est-à-dire les enfants, – main, essentiel, – to add, ajouter –.

«L'honneur, ohorea.» Etre obligé d'avoir les cheveux blancs, – to owe (ô), être obligé, – hoar (hôre), qui a les cheveux blancs –.

Pour moi, la conclusion est que l’endroit décrit est trop étroit pour être accessible à une personne adulte. Pour surmonter cette difficulté, Boudet fait appel à un enfant. Le commentaire à propos des cheveux blancs paraît indiquer que l’entrée ou une partie de cet endroit contient un dépôt blanc, peut-être du talc ou de la chaux, qui peut recouvrir la chevelure de celui qui s’y promène, la faisant paraître blanche.

Comme vous le voyez, ce texte étrange peut être interprété de plusieurs manières. Malheureusement, sans avoir plus de précisions, tout ce qu’on peut faire est utiliser un peu de logique et beaucoup d’imagination pour essayer de savoir à quoi Boudet se réfère exactement. Peut-être que la localisation de ce lieu mystérieux peut être trouvée dans les ouvrages de Boudet, mais alors il s’agit là d’un défi surhumain.

Une autre section que je considère comme très intéressante se trouve à page 205 de «La Vraie Langue Celtique». Boudet introduit l’extrait an donnant la description d’une tribu particulière:-

...et les Cherusci accueillaient par des clameurs d'enthousiasme le partage du butin – to share (chère), partager, – to huzza (houzzé), accueillir par des cris d'acclamation –.

Puis Boudet cite une partie d’un texte attribué à un historien du nom d’ Em. Lefranc:-

« Clovis, » dit Em. Lefranc, (1), « désirant « entretenir les bonnes dispositions du clergé gaulois, évita « de passer avec son armée dans les grandes villes dont il « avait reçu la soumission. C'était le seul moyen de sauver « du pillage les couvents et les basiliques qui renfermaient « beaucoup de richesses. Cependant une des églises de « Reims ne put échapper à la rapacité d'une bande de « maraudeurs franks. Dans leur butin se trouvait un vase « sacré d'une grandeur et d'une beauté singulières.

« L'évêque, instruit de ce fait, députa vers Clovis pour « réclamer ce vase. Charmé d'être agréable au prélat, le roi « dit aux envoyés : Venez avec moi à Soissons et si parmi le « butin je trouve l'objet ravi, je vous le rendrai. Tout le butin « était mis en commun après la campagne, et le sort réglait « le partage entre tous. On ne tarda pas à découvrir le vase « précieux parmi les dépouilles rassemblées, sous une tente, « au milieu de la place publique de Soissons. Mes braves « compagnons, dit alors Clovis aux Franks, il ne vous sera « pas désagréable que je prenne le vase, et que je le rende « aux gens qui le réclament ? Les officiers et les soldats y « consentirent. Non, certes, dit un guerrier brutal et jaloux, « vous ne prendrez ce vase que si le sort vous le donne ; et « d'un coup de sa francisque il le brisa. Clovis garda le « silence, prit le vase et le rendit. Un an après, comme il « passait en revue les Franks dans un champ de Mars, il « reconnut le soldat dont l'audace grossière avait invoqué la « loi du partage : Il n'est pas, dans toute l'armée, d'armes « plus mal tenues que les tiennes, lui dit-il ; ta framée, ton « épée, ta francisque accusent ta négligence et ta lâcheté : et « lui arrachant sa hache, il la jette à terre. Le soldat se « baisse pour la ramasser ; mais Clovis lève soudain la « sienne et lui fend la tête : Voilà, s'écrie-t-il, ce que tu as « fait au vase de Soissons. »

 

Il finit la citation par ces mots:-

Cet avide soldat appartenait sans doute à la tribu des Cherusci et méconnaissait en ce moment son titre de Frank.

Bien que ce court texte paraisse confirmer la description des Cherusci par Boudet, je ne vois pas du tout pourquoi il aurait du ajouter un texte aussi long, juste pour illustrer l’utilisation d’un mot. En fait, ce texte n’illustre rien du tout. Boudet suppose seulement que le soldat a appartenu à la tribu des Cherusci, alors que le seul élément qui apparaît vraiment est que celui-ci a été un homme avide. Rien, dans le texte, ne vient corroborer son hypothèse. Alors, pourquoi Boudet s’est-il donné la peine d’ajouter ce petit passage historique? Je pense qu’il tente d’attirer l’attention du lecteur sur plusieurs choses. Tout d’abord, il fait allusion à Clovis, un ancien roi des Francs qui a régné au temps des Visigoths. Ensuite, il s’étend sur le sujet du pillage. Il s’intéresse particulièrement au Vase (de Soissons). Dans le texte, il accorde à cet objet une importance énorme, lui donne une valeur incalculable, et le dit appartenir à l’Eglise. Enfin, il nous dit que cet objet est détruit dans un acte de vandalisme. 

Cette seule portion de texte contient en fait la plupart des ingrédients qui composent le tout mystère de Rennes-le-Château. Il me semble qu’il s’agit là d’une déclaration très claire à propos du sens véritable du livre de Boudet, et je suis certain qu’elle a été placée ici pour cette raison.

A un autre niveau, je dois revenir à la question des nombres qui, qu’on le veuille ou non, transparaissent derrière la plupart des éléments de ce mystère. La section qui contient le texte ci-dessus compte 33 lignes. Le nombre total de mots de cette section est 332 (Les mots du début: "dit Em. Lefranc" ont été ôtés, donc il reste le récit en lui-même). Il y en a 335 si on laisse lesdits mots. Voici encore que, par coïncidence, un nombre est répété: le nombre. 33. Autre coïncidence: 33 est la somme de trois nombres: 11 + 11 + 11. Si l’on place ces trois 11 à la suite l’un de l’autre, on obtient le nombre 111.111. On peut séparer ce nombre en 111 x 111, ce qui nous donne 12.321. Si l’on enlève le 3 du centre de ce nombre on obtient à nouveau 1221, c’est-à-dire le nombre obtenu en multipliant les deux nombres se trouvant sur les ailes du diable (111 et 11). On peut également trouver ces nombres dans notre groupe de trois 11. Les nombres 111, 11 et 1. Multipliez-les, et vous obtenez une nouvelle fois 1221. Le seul 1 qui reste paraît ne pas être à la bonne place, puisque les nombres sur les ailes du diable sont 111 et 11. Cependant, ce nombre n’est ni en trop ni hors du contexte. Ainsi que je l’ai dit plus haut, le texte contient 332 mots. Si vous insérez à présent le 1 devant ce nombre vous obtenez 1332, un autre nombre qui se trouve dans l’église et qui représente les deux diables qui se trouvent dans cette même église, et un nombre représentant deux fois la marque de la Bête (666 x 2).  

 

 

 

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