Le style d'écriture est ancien et ‘oncial’, du
Latin ‘uncia’ qui signifie "pouce" (mesure de longueur). Un
pouce était la hauteur courante des premières lettres. L'écriture onciale
remonte au IVe siècle avant l'ère chrétienne et a été utilisée
pratiquement sans interruption, dans toute l'Europe, jusqu'aux environs du
VIIIe siècle de notre ère, c'est-à-dire jusqu'à ce que d'autres types
d'écriture la remplacent. Elle était intéressante à utiliser parce
qu'elle était décorative et permettait d'écrire rapidement, ce qui
représentait un avantage appréciable lorsque les livres devaient être
écrits et copiés à la main. Bien que l'écriture utilisée dans les deux
parchemins qui nous intéressent soit sans aucun doute onciale, certaines
lettres présentent des caractéristiques d'un style légèrement différent:
les lettres "b", "d", "q" et "l" par
exemple, sont plus droites, tandis que le vrai "q" oncial, se
présente plutôt comme notre "Q" majuscule moderne et pas du tout
comme sa contrepartie minuscule. Le "t" et le "d" sont
dépourvus des jambages courbes dirigés vers la gauche qui caractérisent
l'écriture onciale originelle. Le style adopté pour ces lettres-là semble
être celui qui devint populaire à partir du VIIIe siècle de notre ère,
surtout en Angleterre: le style semi-oncial, parfois nommé style semi-oncial
anglais. Une autre référence à ces temps anciens est l'absence d'espaces
entre les mots, pratique connue sous le nom de Scriptura Continua (écriture
continue). Bien que ceci ne prouve rien, on peut considérer que l'auteur a
eu une expérience approfondie de l'onciale, de la semi-onciale et des
manuscrits anciens en général, pour arriver à ces résultats. Quiconque
s'est essayé à la calligraphie sait qu'il faut beaucoup de temps avant
d'arriver à maîtriser les pleins, déliés, jambages et ornements d'un
script particulier, et il faut encore davantage de maîtrise pour être
capable d'écrire un long texte avec précision, clarté et uniformité dans
un tel style. Le simple contrôle de la plume et du flux d'encre est un art
en soi. Le travail est naturellement encore plus difficile si le texte que
l'on écrit contient une multitude de codes. L'auteur de ce texte était
évidemment habitué à utiliser les deux styles et on peut en conclure
qu'il a dû utiliser ce script de manière régulière et continue. Il se
peut naturellement qu'il ait simplement utilisé le script qu'il avait
appris à l'école. Quoi qu'il en soit, il s'agit certainement d'un érudit,
d'un intellectuel ou d'un membre du clergé, peut-être même d'un moine qui
vivait dans une abbaye. On pense généralement que les manuscrits auraient
été l'oeuvre d'un prêtre de la paroisse de Rennes-le-Château,
c'est-à-dire de l'abbé Antoine Bigou qui officia de 1774 à 1790.
Le manuscrit
Le texte est en latin et a été extrait des
évangiles de Saint-Luc 6 Vs 1à 4. J'ai transcrit le texte du parchemin et
placé dessous le texte de la bible latine afin de pouvoir les comparer
aisément. La bible que j'ai utilisée est la Biblia Sacra Vulgatae
Editionis attribuée à Sixte VI et Clément VIII (aux environs de 1590-92).
C'est la bible qui aurait vraisemblablement été utilisée du temps de
Bigou.

Si l'on compare le texte du manuscrit à celui de
la bible, l'on constate immédiatement qu'il est plein d'erreurs: des mots
sont manquants, d'autres ont été ajoutés et leur ordre a été
bouleversé. En fait, il est très difficile de suivre les deux textes
simultanément. Nous avons l'impression que l'auteur a utilisé une version
complètement différente de la bible, ou même qu'il a suivi sa propre
interprétation du texte. Il est clair que ce manuscrit n'est pas un
document ordinaire mais a été soigneusement élaboré avec l'intention de
faire passer un message. En fait, il ne contient pas seulement un message
mais plusieurs.
Particularités
trouvées dans le texte
Les sections suivantes analysent les principales
particularités de ce parchemin:-
De
nombreuses lettres sont placées légèrement au-dessus des lignes. Si l'on
parcourt le texte et si l'on extrait chacune de ces lettres, on obtient le
texte suivant:-
|
A
Dagobert II roi et a Sion est ce tresor et il est la mort |
On peut l'interpréter de deux façons:
A Dagobert 2, roi et à Sion est ce trésor, et il
est la mort.
Au roi Dagobert 2 et à Sion est ce trésor et il
est là, mort.
Quand on sait que l'auteur disposait de 426 lettres
pour élaborer son document, on peut se demander pourquoi ce message est
aussi emprunté, difficile à lire et ambigu dans sa signification. Il est
également surprenant, selon moi tout au moins, qu'une personne qui a pris
le soin de dissimuler un message dans un parchemin l'a cependant rendu aussi
visible et, plus surprenant encore, qu'il l'ait rendu lisible en clair. Le
but d'un message secret est de l'empêcher d'être lu par des yeux qui ne
doivent pas le lire. On peut interpréter de diverses manières les
intentions de l'auteur:
Le message n'est qu'une fausse piste destinée à faire perdre du temps au
lecteur en le forçant à déchiffrer un petit code qui ne représente qu'un
bout de texte insignifiant.
Ce message est une clé à utiliser dans le déchiffrage de quelque chose
d'autre.
Le message a été inséré dans le but d'attirer l'attention du lecteur, et
donc pour que celui-ci continue à chercher le vrai message dissimulé dans
le(s) parchemin(s).
Ce message-ci contient des petits fragments d'information qui assurent au
lecteur qu'il est bien le destinataire du message. Un nom sur une enveloppe,
en quelque sorte.
La dernière possibilité est que toutes les lettres du message forment une
anagramme composant soit un message entier, soit une partie d'un message
entièrement différent.
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Au-dessous
des lignes se trouvent un Theta, une S et un T. En français on pourrait
voir dans ces lettres le mot OST, qui signifie une grande quantité ou une
armée. Ce mot pourrait également provenir du latin HOSTIS: l'ennemi. Un
autre Theta se trouve à la ligne 13, mais celui-ci fait partie du texte.
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Le
pictogramme au haut de la page n'est malheureusement pas clair ici, mais sur
de meilleures copies on discerne que la petite lettre dans le cadre
triangulaire est en fait un A (Alpha), tandis que la lettre à l'extérieur
est un M. Si l'on inverse le diagramme, les deux lettres deviennent alors
Alpha et Omega. Il est clair que dans le cas qui nous occupe, ces lettres
n'ont pas de connotation chrétienne. Ces mêmes lettres apparaissent
également dans le long manuscrit, ainsi que sur la pierre tombale du
tombeau des Blanchefort. Il est intéressant de constater que la forme de ce
pictogramme reproduit exactement la série de mouvements exécutés par une
personne faisant le signe de la croix. De la tête vers le coeur, en
diagonale vers le haut à gauche, transversalement vers l'épaule droite. Ni
ce signe, ni probablement sa signification ne devaient avoir échappé à
l'attention de Saunière. Au cours des travaux de restauration de l'église
de Rennes-le-Château, Saunière conçut et fit sculpter un petit groupe de
quatre anges. Chacun de ces anges est en train d'exécuter un des mouvements
dont l'ensemble forme le signe de la croix. Sur le socle de cette sculpture,
il fit inscrire: "Par ce signe tu le vaincras". Les anges sont
placés stratégiquement: légèrement en arrière, à la droite et au-dessus
d'une représentation hideuse du Démon. On peut donc en inférer que le
message fait référence au diable mais il peut également avoir une autre
signification dans le cadre de l'énigme. Pour autant que nous le sachions,
c'est ce signe même qui a aidé Saunière à découvrir sa fortune. Puisque
la tombe des Blancheforts est intimement liée à ce mystère, vous pouvez
visualiser des informations à leur sujet en cliquant sur ce bouton.

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Les
trois croix sur le parchemin ne sont pas placées au hasard. On admet
généralement que si on les connecte en conjonction avec les lignes du
pictogramme, on obtient des lignes qui, mises à l'échelle appropriée,
peuvent être utilisées comme points de repère sur une carte de la région.
A la page suivante je propose ma propre théorie quant à la manière dont
le parchemin lui-même fournit des indications sur la manière de créer ces
points de repère.
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Des mots
en grec ont également été mêlés au texte, bien qu'ils n'apparaissent
pas immédiatement à la vue. On en trouve aux lignes 10 et 13. Les exemples
montrent les lettres telles qu'elles apparaissent dans le texte, puis telles
qu'elles apparaissent lorsqu'on fait pivoter le texte de 180 degrés.
A la fin de la ligne 10 - +INTROIBITINDOMUM. (Notez
que seule la dernière partie du mot apparaît: UMUM)

Le mot Domum est en fait écrit DUMUM. Si l'on ôte
le D et renverse le mot, il prend l'apparence des lettres grecques wlenh (Oleni)
et signifie l'avant-bras.
(ligne 13 - CUMERANTUXUQQUIBUSNO).
Les lettres UXUO inversée et renversées
deviennent les lettres grecques qhch
(Thiki), un mot signifiant "coffre" ou "coffre-fort".
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L'inscription P-S au bas du manuscrit constitue aussi une référence directe
à la pierre tombale des Blanchefort où elle apparaît au sommet de la dalle
sous un format identique.
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Des mots
ont été ajoutés dans le texte. On ne sait pas pourquoi. Peut-être pour
rendre le texte plus inintelligible encore, à moins que ces mots n'aient une
signification cachée. Les ajouts sont indiqués en rouge:-
Et factum est eum in
sabbato secundo primo abire per secetes
discipuli autem illiris coeperunt vellere
spicas et fricantes manibus manducabant quidam autem de
farisaeis dicebant et ecce quia faciunt discipuli tui sabbatis quod non
licet resopondens autem inss
etxit ad eos numquam hoc lecistis quod fecit d autem quando esurut
ipse et qui cum eo erat intro ibit in domum
dei et panes propositionis redis manducavit et dedit et
qui bles cum erant uxuo quibus non licebat
manducare si non solis sacerdotibus.
Combinés ensemble en continu, les mots et lettres
ajoutés sont:-
abire per secetes illiris de
autem inss etxit intro ibit et uxuo quibus non
Il est évident qu'on ne peut former aucune phrase
sensée à partir de ces mots extraits du texte. En outre, le fait que
certains de ces mots ne sont pas en latin tout-à-fait correct semble indiquer
que le but de l'auteur était plutôt de fournir au lecteur les lettres en
elles-mêmes. Ceci paraît ajouter une autre dimension encore à tous les
éléments mystérieux qui font partie de ce manuscrit. Mon opinion est que,
d'une manière ou d'une autre, un message peut être extrait de ces lettres:
il y en a 62 en tout, c'est-à-dire qu'il en manque 2 pour pouvoir les ranger
sur un échiquier. Peut-être ne s'agit-il que d'une coïncidence, mais le
petit message trouvé dans les papiers personnels de Saunière juste après sa
mort (Sot pecheur a l'embouchure du Rhone...) contient exactement 64 lettres
entourant le texte principal.