Cette section concerne le petit manuscrit (Ms. 1) et le texte mystérieux qu'il contient. Plus tard je vous présenterai le Ms. 2, c'est-à-dire le manuscrit le plus long et de loin le plus compliqué.

Note: Ms1 est plutôt long (298K) et son chargement peut prendre entre 20 et 30 secondes.

A première vue, le manuscrit semble avoir été composé par des mouches dont les pattes auraient été trempées dans l'encre. L'auteur semble non seulement avoir prêté peu d'attention au style mais encore avoir délibérément tenté de créer un texte d'abord difficile.

 

Note importante sur le style d'écriture

Le style d'écriture est ancien et ‘oncial’, du Latin ‘uncia’ qui signifie "pouce" (mesure de longueur). Un pouce était la hauteur courante des premières lettres. L'écriture onciale remonte au IVe siècle avant l'ère chrétienne et a été utilisée pratiquement sans interruption, dans toute l'Europe, jusqu'aux environs du VIIIe siècle de notre ère, c'est-à-dire jusqu'à ce que d'autres types d'écriture la remplacent. Elle était intéressante à utiliser parce qu'elle était décorative et permettait d'écrire rapidement, ce qui représentait un avantage appréciable lorsque les livres devaient être écrits et copiés à la main. Bien que l'écriture utilisée dans les deux parchemins qui nous intéressent soit sans aucun doute onciale, certaines lettres présentent des caractéristiques d'un style légèrement différent: les lettres "b", "d", "q" et "l" par exemple, sont plus droites, tandis que le vrai "q" oncial, se présente plutôt comme notre "Q" majuscule moderne et pas du tout comme sa contrepartie minuscule. Le "t" et le "d" sont dépourvus des jambages courbes dirigés vers la gauche qui caractérisent l'écriture onciale originelle. Le style adopté pour ces lettres-là semble être celui qui devint populaire à partir du VIIIe siècle de notre ère, surtout en Angleterre: le style semi-oncial, parfois nommé style semi-oncial anglais. Une autre référence à ces temps anciens est l'absence d'espaces entre les mots, pratique connue sous le nom de Scriptura Continua (écriture continue). Bien que ceci ne prouve rien, on peut considérer que l'auteur a eu une expérience approfondie de l'onciale, de la semi-onciale et des manuscrits anciens en général, pour arriver à ces résultats. Quiconque s'est essayé à la calligraphie sait qu'il faut beaucoup de temps avant d'arriver à maîtriser les pleins, déliés, jambages et ornements d'un script particulier, et il faut encore davantage de maîtrise pour être capable d'écrire un long texte avec précision, clarté et uniformité dans un tel style. Le simple contrôle de la plume et du flux d'encre est un art en soi. Le travail est naturellement encore plus difficile si le texte que l'on écrit contient une multitude de codes. L'auteur de ce texte était évidemment habitué à utiliser les deux styles et on peut en conclure qu'il a dû utiliser ce script de manière régulière et continue. Il se peut naturellement qu'il ait simplement utilisé le script qu'il avait appris à l'école. Quoi qu'il en soit, il s'agit certainement d'un érudit, d'un intellectuel ou d'un membre du clergé, peut-être même d'un moine qui vivait dans une abbaye. On pense généralement que les manuscrits auraient été l'oeuvre d'un prêtre de la paroisse de Rennes-le-Château, c'est-à-dire de l'abbé Antoine Bigou qui officia de 1774 à 1790.

Le manuscrit

Le texte est en latin et a été extrait des évangiles de Saint-Luc 6 Vs 1à 4. J'ai transcrit le texte du parchemin et placé dessous le texte de la bible latine afin de pouvoir les comparer aisément. La bible que j'ai utilisée est la Biblia Sacra Vulgatae Editionis attribuée à Sixte VI et Clément VIII (aux environs de 1590-92). C'est la bible qui aurait vraisemblablement été utilisée du temps de Bigou.

Si l'on compare le texte du manuscrit à celui de la bible, l'on constate immédiatement qu'il est plein d'erreurs: des mots sont manquants, d'autres ont été ajoutés et leur ordre a été bouleversé. En fait, il est très difficile de suivre les deux textes simultanément. Nous avons l'impression que l'auteur a utilisé une version complètement différente de la bible, ou même qu'il a suivi sa propre interprétation du texte. Il est clair que ce manuscrit n'est pas un document ordinaire mais a été soigneusement élaboré avec l'intention de faire passer un message. En fait, il ne contient pas seulement un message mais plusieurs.

Particularités trouvées dans le texte

Les sections suivantes analysent les principales particularités de ce parchemin:-

  De nombreuses lettres sont placées légèrement au-dessus des lignes. Si l'on parcourt le texte et si l'on extrait chacune de ces lettres, on obtient le texte suivant:-

A Dagobert II roi et a Sion est ce tresor et il est la mort

On peut l'interpréter de deux façons:

A Dagobert 2, roi et à Sion est ce trésor, et il est la mort.

Au roi Dagobert 2 et à Sion est ce trésor et il est là, mort.

Quand on sait que l'auteur disposait de 426 lettres pour élaborer son document, on peut se demander pourquoi ce message est aussi emprunté, difficile à lire et ambigu dans sa signification. Il est également surprenant, selon moi tout au moins, qu'une personne qui a pris le soin de dissimuler un message dans un parchemin l'a cependant rendu aussi visible et, plus surprenant encore, qu'il l'ait rendu lisible en clair. Le but d'un message secret est de l'empêcher d'être lu par des yeux qui ne doivent pas le lire. On peut interpréter de diverses manières les intentions de l'auteur:

  Le message n'est qu'une fausse piste destinée à faire perdre du temps au lecteur en le forçant à déchiffrer un petit code qui ne représente qu'un bout de texte insignifiant. 

  Ce message est une clé à utiliser dans le déchiffrage de quelque chose d'autre.

  Le message a été inséré dans le but d'attirer l'attention du lecteur, et donc pour que celui-ci continue à chercher le vrai message dissimulé dans le(s) parchemin(s). 

  Ce message-ci contient des petits fragments d'information qui assurent au lecteur qu'il est bien le destinataire du message. Un nom sur une enveloppe, en quelque sorte.

  La dernière possibilité est que toutes les lettres du message forment une anagramme composant soit un message entier, soit une partie d'un message entièrement différent.

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Au-dessous des lignes se trouvent un Theta, une S et un T. En français on pourrait voir dans ces lettres le mot OST, qui signifie une grande quantité ou une armée. Ce mot pourrait également provenir du latin HOSTIS: l'ennemi. Un autre Theta se trouve à la ligne 13, mais celui-ci fait partie du texte.

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Le pictogramme au haut de la page n'est malheureusement pas clair ici, mais sur de meilleures copies on discerne que la petite lettre dans le cadre triangulaire est en fait un A (Alpha), tandis que la lettre à l'extérieur est un M. Si l'on inverse le diagramme, les deux lettres deviennent alors Alpha et Omega. Il est clair que dans le cas qui nous occupe, ces lettres n'ont pas de connotation chrétienne. Ces mêmes lettres apparaissent également dans le long manuscrit, ainsi que sur la pierre tombale du tombeau des Blanchefort. Il est intéressant de constater que la forme de ce pictogramme reproduit exactement la série de mouvements exécutés par une personne faisant le signe de la croix. De la tête vers le coeur, en diagonale vers le haut à gauche, transversalement vers l'épaule droite. Ni ce signe, ni probablement sa signification ne devaient avoir échappé à l'attention de Saunière. Au cours des travaux de restauration de l'église de Rennes-le-Château, Saunière conçut et fit sculpter un petit groupe de quatre anges. Chacun de ces anges est en train d'exécuter un des mouvements dont l'ensemble forme le signe de la croix. Sur le socle de cette sculpture, il fit inscrire: "Par ce signe tu le vaincras". Les anges sont placés stratégiquement: légèrement en arrière, à la droite et au-dessus d'une représentation hideuse du Démon. On peut donc en inférer que le message fait référence au diable mais il peut également avoir une autre signification dans le cadre de l'énigme. Pour autant que nous le sachions, c'est ce signe même qui a aidé Saunière à découvrir sa fortune. Puisque la tombe des Blancheforts est intimement liée à ce mystère, vous pouvez visualiser des informations à leur sujet en cliquant sur ce bouton.

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Les trois croix sur le parchemin ne sont pas placées au hasard. On admet généralement que si on les connecte en conjonction avec les lignes du pictogramme, on obtient des lignes qui, mises à l'échelle appropriée, peuvent être utilisées comme points de repère sur une carte de la région. A la page suivante je propose ma propre théorie quant à la manière dont le parchemin lui-même fournit des indications sur la manière de créer ces points de repère.

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Des mots en grec ont également été mêlés au texte, bien qu'ils n'apparaissent pas immédiatement à la vue. On en trouve aux lignes 10 et 13. Les exemples montrent les lettres telles qu'elles apparaissent dans le texte, puis telles qu'elles apparaissent lorsqu'on fait pivoter le texte de 180 degrés.

A la fin de la ligne 10 - +INTROIBITINDOMUM. (Notez que seule la dernière partie du mot apparaît: UMUM)

Le mot Domum est en fait écrit DUMUM. Si l'on ôte le D et renverse le mot, il prend l'apparence des lettres grecques wlenh (Oleni) et signifie l'avant-bras. 

(ligne 13 - CUMERANTUXUQQUIBUSNO).

Les lettres UXUO inversée et renversées deviennent les lettres grecques qhch (Thiki), un mot signifiant "coffre" ou "coffre-fort".

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L'inscription P-S au bas du manuscrit constitue aussi une référence directe à la pierre tombale des Blanchefort où elle apparaît au sommet de la dalle sous un format identique.

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Des mots ont été ajoutés dans le texte. On ne sait pas pourquoi. Peut-être pour rendre le texte plus inintelligible encore, à moins que ces mots n'aient une signification cachée. Les ajouts sont indiqués en rouge:-

Et factum est eum in sabbato secundo primo abire per secetes discipuli autem illiris coeperunt vellere spicas et fricantes manibus manducabant quidam autem de farisaeis dicebant et ecce quia faciunt discipuli tui sabbatis quod non licet resopondens autem inss etxit ad eos numquam hoc lecistis quod fecit d autem quando esurut ipse et qui cum eo erat intro ibit in domum dei et panes propositionis redis manducavit et dedit et qui bles cum erant uxuo quibus non licebat manducare si non solis sacerdotibus.

Combinés ensemble en continu, les mots et lettres ajoutés sont:-

abire per secetes illiris de autem inss etxit intro ibit et uxuo quibus  non

Il est évident qu'on ne peut former aucune phrase sensée à partir de ces mots extraits du texte. En outre, le fait que certains de ces mots ne sont pas en latin tout-à-fait correct semble indiquer que le but de l'auteur était plutôt de fournir au lecteur les lettres en elles-mêmes. Ceci paraît ajouter une autre dimension encore à tous les éléments mystérieux qui font partie de ce manuscrit. Mon opinion est que, d'une manière ou d'une autre, un message peut être extrait de ces lettres: il y en a 62 en tout, c'est-à-dire qu'il en manque 2 pour pouvoir les ranger sur un échiquier. Peut-être ne s'agit-il que d'une coïncidence, mais le petit message trouvé dans les papiers personnels de Saunière juste après sa mort (Sot pecheur a l'embouchure du Rhone...) contient exactement 64 lettres entourant le texte principal.

 

 

   

 

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Dernière revison de la page: 11.24.2004