Origine des parchemins
Cette page résume les origines des parchemins et est le point de départ
d'une étude plus détaillée. Des informations plus approfondies à leur
sujet peuvent être trouvées dans les documents relatifs à Marie de Negri
d'Ables, Marquise d'Hautpoul de Blanchefort. Cliquez sur le bouton "Blanchefort"
ci-dessous si vous souhaitez consulter ces informations. Si vous n'avez pas
encore lu l'introduction, je vous conseille de le faire à présent, car
elle contient bon nombre de détails quant à la découverte des parchemins
et aux origines probables du trésor lui-même.
Les parchemins
Bérenger Saunière avait découvert trois tubes hermétiquement scellés
sous la pierre d'autel de son église, et cette découverte fut le point de
départ d'une des aventures et d'un des mystères les plus incroyables des
temps modernes. Malheureusement pour nous, nous n'avons à ce jour aucun
moyen de savoir ce que contenaient exactement ces tubes. Nous savons qu'ils
contenaient, entre autres, deux parchemins, qui seront analysés en
profondeur au cours des pages suivantes. Nous disposons également d'un
curieux papier trouvé dans les affaires personnelles de Saunière après sa
mort.
Il est prouvé historiquement que Saunière avait trouvé au moins quatre
manuscrits. Ceux-ci devaient être les documents contenant les codes
secrets, et en particulier les codes que Saunière était incapable de
déchiffrer lui-même. Donc, nous savons à présent qu'il y avait au moins
quatre documents. Cependant, on peut se dire que trois tubes pour seulement
quatre documents, c'est beaucoup, de sorte que nous pouvons supposer que ces
tubes contenaient encore d'autres documents. Il est impossible de dire de
quoi il a pu s'agir puisqu'ils sont à présent introuvables. Nous pouvons
seulement spéculer sur leur contenu. Les manuscrits dont nous disposons de
nos jours étaient presque certainement l'oeuvre de l'abbé Antoine Bigou
qui était le prêtre desservant Rennes-le-Château vers la fin du XVIIIe
siècle. Il était aussi le chapelain de Marie de Negri d'Ables, Marquise
d'Hautpoul de Blanchefort. Peu avant de mourir, en 1781, elle entra en
possession d'un ensemble de documents qui avaient à l'origine été remis
à un notaire par Francois-Pierre d’Hautpoul, mort en 1644. Par des
chemins tortueux, ces documents semblent être passés de notaire en notaire,
jusqu'à l'homme de loi des Hautpoul qui nous intéresse. Ces documents
doivent certainement avoir été des papiers de famille, des états de biens
mobiliers et immobiliers, peut-être de la correspondance privée, des
documents officiels concernant le lignage, et peut-être même des papiers
hautement confidentiels concernant des transactions financières ou, qui
sait, des activités illégales. Ils peuvent avoir contenu des informations
concernant l'une ou l'autre secte secrète à laquelle certains Hautpoul
auraient été liés de quelque manière. Enfin, ils peuvent avoir contenu
des informations à propos d'un trésor ou d'une cache où reposait la
fortune de la famille d'Hautpoul. Ceux-ci avaient jadis possédé une mine
d'or et ces documents pouvaient contenir des informations à ce sujet et
peut-être au sujet d'autres mines productives. L'époux de Marie, Pierre
d'Hautpoul, avait sérieusement tenté de s'approprier ces documents, mais
il semble que le notaire avait préféré les remettre à Marie qu'à
celui-ci. Se peut-il que le contenu de ces documents l'aie concernée elle
personnellement plutôt que lui? Ou il se peut simplement que, pour une
raison qui nous échappe, le notaire ait éprouvé de l'hostilité envers
Pierre et ait refusé de les lui remettre? Ou bien Pierre d'Hautpoul
avait-il fait grand bruit pour recouvrer les documents tandis que Marie
s'était contentée d'utiliser son intelligence et ait remis au notaire une
somme importante pour entrer en possession des documents. Ce qui est
certain, c'est que tant Marie que Pierre voulaient mettre la main à tout
prix sur ces papiers et que finalement, lorsque Marie eût obtenu gain de
cause, elle se garda bien d'en rien dire à son époux. Au contraire, il est
vraisemblable qu'elle les remit à Antoine Bigou juste avant de mourir, et
que ce dernier les scella sous la pierre d'autel de la petite église de
Rennes-le-Château. Ceci nous en dit long sur les relations que des Hautpoul
ont dû entretenir et également sur la position de confiance d'Antoine
Bigou.
Les parchemins - authentiques ou faux?
Bien que de nombreux auteurs aient décrit les parchemins en détail et
que des myriades de chercheurs aient tenté de percer leurs secrets, le fait
est qu'avant 1967, c'est-à-dire avant que Gérard de Sède n'attire
l'attention du public sur leur existence, on ne savait pas grand chose à
leur propos concrètement. De ce fait, de nombreux commentateurs ont émis
l'hypothèse que ces documents n'étaient rien d'autre que le produit d'une
mystification. Il s'agissait, selon eux, de cartes aux trésors destinées
à égarer les esprits naïfs et à duper le monde. De nos jours encore, de
nombreux amateurs des mystères de Rennes-le-Château sont convaincus que
ces documents ne sont pas authentiques. Parmi les nombreux personnages
gravitant autour de ce mystère apparaissent les noms de Philippe de
Cherissey et de Pierre Plantard. Ensemble ils avaient préparé un manuscrit
sondant les mystères de Rennes-le-Château mais leur tentative de se faire
publier tourna court, de sorte qu'ils firent appel à l'auteur bien connu
Gérard de Sède pour réécrire et faire publier leur ouvrage. Ceci fut
fait et parut sous le titre "L'or de Rennes". Ce fut un succès
immédiat. Malheureusement, un désaccord sur les droits d'auteur sépara
les deux amis. A quelque temps de là, Chérissey répandit dans le public
que c'était lui qui avait fabriqué les parchemins et que ces documents
étaient en fait des faux. Il écrivit même un document de 44 pages,
intitulé "Pierre et Papier", qui décrit en détail le processus
de création des parchemins, de formation des codes, et donne la clé de
déchiffrage. Se peut-il que les parchemins ne soient en fait que des faux?
Je suppose que c'est possible. Mais il faut garder à l'esprit que
Chérissey et Plantard, qui ont dû se mordre les doigts d'être entrés en
désaccord avec Monsieur de Sède, ont bien pu chercher à discréditer ce
dernier en répandant le bruit que les parchemins n'étaient pas
authentiques. Et s'ils pouvaient alors eux-mêmes sortir un livre montrant
comment les parchemins avaient été créés, ce livre pouvait leur procurer
des revenus considérables s'il était publié. Au cours des années
suivantes leur manuscrit, qui révélait prétendument les méthodes
adoptées pour créer les parchemins, fut analysé par de nombreux érudits.
Il fut démontré que les auteurs de ce document n'avaient en fait qu'une
très faible idée du codage qui était à la base des deux parchemins. La
conclusion définitive fut que les deux hommes n'avaient nullement créé
les parchemins.
Pour ma part, je suis enclin à accorder foi aux manuscrits, et voici
pourquoi:
Normalement, un mystificateur ou un faiseur de canulars n'ira pas aussi
loin pour duper le public. Même l'auteur d'un livre concernant Rennes-le-Château
et espérant en augmenter substantiellement les ventes grâce à quelques
documents astucieusement fabriqués, devrait faire d'innombrables recherches
très approfondies avant d'être à même de fabriquer de tels parchemins.
Or, tant le parchemin 1 que le parchemin 2 contiennent des codes hautement
sophistiqués, sans compter une profusion de messages cachés, signes et
allusions, dont beaucoup ont jusqu'à présent résisté à toute tentative
de déchiffrage. Quiconque possède quelques notions de cryptoanalyse sait
que cette discipline compliquée exige une persévérance considérable, ne
serait-ce que pour commencer à comprendre sa complexité. Elle requiert
également une tournure d'esprit particulière pour pouvoir en comprendre
clairement tous les aspects. C'est pourquoi, un codeur amateur serait dans
l'impossibilité de cacher son incompétence à un expert. La plupart des
mystificateurs se limitent à des structures simples. Après tout, ce qui
les intéresse n'est qu'une conclusion rapide et habituellement amusante.
Si l'on parle de faussaires tels ceux qui fabriquent par exemple des
"Monet" ou des "Van Gogh", alors nous pouvons peut-être
envisager cette possibilité sous l'angle de la reproduction précise et
même méticuleuse. Cependant, alors qu'un faussaire en oeuvres d'art peut
espérer retirer des millions de la vente de ses peintures sur le marché
libre, il est bien difficile d'imaginer comment notre faussaire en
manuscrits aurait pu s'enrichir suffisamment que pour justifier l'effort
considérable requis par la création de pièces aussi complexes.
Particulièrement s'il devait créer les codes aussi. Quel aurait bien pu
être son but? Quelle aurait été sa récompense? En outre, aucun être
humain sain d'esprit ne passerait autant de temps à fabriquer une telle
quantité de messages obscurs uniquement pour sa satisfaction personnelle.
Et si même cela était, qu'aurait-il fait de parchemins de ce genre? Et
s'il avait fabriqué deux parchemins pourquoi n'aurait-il pas aussi
fabriqué les deux autres, ou même peut-être tous les parchemins que l'on
dit avoir trouvés sous la pierre d'autel de l'église? Souvenez-vous que le
décodage du long message trouvé dans le deuxième parchemin: "Bergère
pas de tentation..." nécessitait l'utilisation d'un message contenu
dans l'épitaphe inscrite sur la pierre tombale des Blanchefort. Or, le
texte a disparu de cette pierre tombale depuis 1893, c'est-à-dire depuis
que Saunière a tenté de l'effacer. L'unique autre source de l'inscription
se trouvait dans le dernier exemplaire en circulation du livre "Pierres
Gravées du Languedoc", d'Eugène Stublein, à la Bibliothèque
Nationale, à Paris. Le faussaire aurait donc dû être au courant de
l'existence de cet unique volume. Ceci étant dit, la création proprement
dite de ces parchemins représentait en elle-même une tâche herculéenne.
Enfin, nous possédons certaines preuves de leur authenticité: dans
l'église de Rennes-le-Château, au pied de l'autel, se trouve un
bas-relief. Saunière donna ordre aux artisans qui restauraient l'église
d'ajouter cette inscription:
|
JESU VULNERUM MEDELA, PAENITENTIUM UNA SPES MAGDALENAE LACRYMAS PECCATA
NOSTRA DILUAS |
Bien que le texte ne soit pas exactement le même que celui que l'on
trouve au bas du long manuscrit, il en est certainement très proche. Cette
inscription a été gravée aux environs de 1891, et à mon avis, elle
démontre sans conteste que Saunière avait connaissance du parchemin à
cette époque.
Pour le moment, nous disposons donc de deux documents contenant des
informations hautement complexes. En dépit des efforts soutenus d'un grand
nombre d'experts, seule une petite partie de leur contenu a été
déchiffrée et ce seul fait accorde du crédit à l'idée que la personne
qui les a créés était d'une intelligence considérable et a fourni des
efforts surhumains pour dissimuler une multitude de messages. Je ne crois
certes pas qu'ils sont l'oeuvre d'un opportuniste ou d'un mystificateur.